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Defens'Aero

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Un F/A-18F Super Hornet de la VFA 213 s'est écrasé avant son atterrissage

Un F/A-18F Super Hornet de la VFA 213 s'est écrasé avant son atterrissage

© US Navy - Un F/A-18F Super Hornet de la VFA-213 «Black Lions» est catapulté depuis l'USS George H.W. Bush (CVN 77).

© US Navy - Un F/A-18F Super Hornet de la VFA-213 «Black Lions» est catapulté depuis l'USS George H.W. Bush (CVN 77).

Mercredi 14 mars 2018, aux alentours de 16h30 (heure locale), un F/A-18F Super Hornet de la VFA-213 «Black Lions» (Strike Fighter Attack Squadron) s'est écrasé à Boca Chica Field, peu de temps avant son atterrissage sur la base aéronavale (NAS) de Key West, située dans l'extrême sud de la Floride. L'US Navy a confirmé peu de temps après l'accident que l'équipage, composé d'un pilote et d'un navigateur, sont tous les deux décédés dans l'accident.

D'après le communiqué de presse publié par l'US Navy, rapidement après le crash de l'appareil dans les eaux peu profondes qui entourent la base aéronavale, un hélicoptère SH-60 Seahawk a lancé une mission de recherche et sauvetage (SAR, Search and rescue) et s'est rendu sur place afin de récupérer les deux marins du ciel. Ejectés de leur Super Hornet, ils ont été transportés au Lower Keys Medical Center mais ont été déclarés morts peu de temps après. 

L'appareil effectuait une mission d'entraînement dans la région dans le cadre d'un exercice avant de rejoindre dans quelques jours la base aéronavale d'Oceana, située dans l'Etat de Virginie. A la suite de cet accident, toutes les sorties aériennes depuis Key West ont été annulées durant une journée, tandis que les équipages du Carrier Air Wing 8 (CVW-8) assignés au porte-avions USS George H.W. Bush ont été informés de l'accident mais ont poursuivi leurs mission.

Aucune information n'a été donnée concernant les causes de cet accident. Une enquête a été ouverte par l'US Navy afin de déterminer les origines de ce crash, ainsi que le décès des deux aviateurs. 

Comme le rappelle le blog The Aviationist, les accidents de Hornet Legacy (F/A-18A/B/C/D), Super Hornet (F/A-18E/F) et de Growler (EA-18G) sont nombreux de cours de ces derniers mois, qu'ils soient d'origine humaine ou technique. Du côté des Super Hornet, deux F/A-18F se sont percutés en vol en mai 2016 avant de s'abîmer dans l'océan Atlantique, un F/A-18E s'est abîmé en mer de Célèbes (Asie) en avril 2017 peu de temps avant son appontage sur l'USS Carl Vinson (CVN-70), tandis qu'en août 2017, un F/A-18E de l'USS Nimitz (CVN 68) a effectué un atterrissage d'urgence sur l'aéroport de Bahreïn (le pilote s'est éjecté).

Mais c'est le taux d'accident de la flotte des Hornet Legacy, les premières générations, qui est aujourd'hui le plus alarmant. En effet, notamment en 2016, pas moins de six Hornet ont été perdus lors d'accidents. Le premier en juin 2016 avec le crash d'un Hornet des Blue Angels (1 mort), en juillet suivant avec le crash d'un Hornet de l'US Marine Corps lors d'un exercice de nuit au tir canon (1 mort), en août avec le crash d'un Hornet de l'US Navy, en octobre avec celui d'un F/A-18C de l'USMC, et en novembre avec la percussion en vol de deux Hornet de l'USMC.

Le site Stars and Stripes rapportait dans un article de septembre 2016 que les généraux de l'US Navy et l'US Marine Corps avaient averti le Congrès américain que la baisse et la redistribution des crédits alloués aux forces armées conduisait à des situations dangereuses et difficilement tenables sur le long terme. De nombreux problèmes ont été identifiés avec notamment la hausse du nombre d'opérations extérieures, la suractivité des Flottilles en opération et de leurs avions dans le temps (fatigue accélérée des cellules parfois déjà anciennes), la baisse des heures d'entraînement sur le territoire américain des pilotes, la faible disponibilité des avions avec un retrait prématuré de certains pour mettre l'accent sur les F-35 et sa mise en oeuvre qui coûte très cher, etc… 

Depuis 2012, les accidents sur Hornet et Super Hornet dans l'US Navy et l'USMC ont augmenté de 44%. Aux Etats-Unis, les accidents sont classés en trois catégories, A, B et C en fonction de leur gravité. La catégorie A est la plus élevée et un crash est classé comme tel lorsqu'un aviateur est décédé ou qu'il est grièvement blessé et handicapé à vie. D'après Stars and Stripes, le nombre d'accidents de catégorie A impliquant des Hornet et des Super Hornet est passé de 57 en 2012, à 82 au cours de l'année fiscale 2016, selon le Naval Safety Center.

Le Lt. Gen. Jon Davis, commandant adjoint de l'US Marine Corps Aviation déclarait en avril 2016 devant les sénateurs américains que sur les 276 Hornet en service dans l'USMC, seulement 87 pouvaient effectuer une mission. Sur ces 87 appareils, 40 ont été engagés sur des théâtres d'opération extérieure tandis que 30 ont été assignés aux escadrons d'entraînement. Mais ce nombre était trop insuffisant pour entraîner et former la totalité des pilotes restés aux Etats-Unis.

Dans l'US Navy, le commandant de l'US Naval Air Forces Jeannie Groeneveld expliquait en juillet 2016 que sur les 259 Hornet en service, seulement 55 étaient opérationnels. Concernant les Super Hornet, sur un parc aérien de 544 machines, 290 étaient disponibles immédiatement pour effectuer une mission.

Et ce constat, notamment la hausse de la fatigue des cellules des Hornet/Super Hornet, ne va pas en s'arrangeant. Avec la baisse des commandes de Super Hornet dans l'US Navy et avec le F-35C Lightning II qui n'est toujours pas opérationnel (ou uniquement avec des capacités très fortement limitées), il n'st donc pas possible de soulager la pression qui s'exerce continuellement sur les F/A-18. Prévue d'abord pour 6 000 heures de vol (HDV), les cellules des Hornet/Super Hornet vont être prolongées pour tenir 8 000 HDV et il est déjà prévu que certaines arrivent jusqu'aux 10 000, expliquait Jeannie Groeneveld.

Et tous ces problèmes s'ajoutent à d'autres, tout aussi graves, celui des problèmes d'hypoxies et des épisodes physiologiques, sans parler de la dépressurisation impromptues des cockpits. Ces derniers entraînent des étourdissements, vertiges, vomissements, etc… Ces dangers concernent de nombreux appareils avec les F-22 Raptor il y a quelques années, mais aujourd'hui avec les turbopropulseurs T-6 Texan II et les T-45 Goshawk d'entraînement et de formation, ainsi que toute la gamme des Hornet, Super Hornet et Growler. Officiellement, l'US Navy reconnait que quatre pilotes sont morts suite à un problème de ce type. Aujourd'hui, des solutions temporaires ont été apportées mais l'origine du problème n'a toujours pas été identifiée et les dangers persistent donc.