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Defens'Aero

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Le P-3C Orion de l'US Navy a effectué son dernier déploiement opérationnel

Le P-3C Orion de l'US Navy a effectué son dernier déploiement opérationnel

© US Navy - Un P-3C Orion du Patrol Squadron (VP) 4 « Skinny Dragons » réalise un passage bas au-dessus du destroyer USS Cole.

© US Navy - Un P-3C Orion du Patrol Squadron (VP) 4 « Skinny Dragons » réalise un passage bas au-dessus du destroyer USS Cole.

Le 10 octobre 2019, après plus de cinquante années de missions opérationnelles, les derniers avions de patrouille maritime P-3C Orion de l'US Navy ont effectué leur dernier déploiement opérationnel de plusieurs mois. En effet, ces P-3C Orion du Patrol Squadron (VP) 40 « Fighting Marlins » ont regagné la Naval Air Station de Whidbey Island, située dans le nord-ouest de l'Etat de Washington, aux Etats-Unis. Ils ont effectué un déploiement de six mois au Moyen-Orient depuis la base aérienne de Sheik Isa, au Bahreïn, pour soutenir les opérations de l'Area of responsability (AOR) de la 5th Fleet de l'US Navy, et en Asie depuis le Japon, sur la base aérienne de Kadena à Okinawa, pour participer aux opérations dans l'AOR de la 7th Fleet de l'US Navy.

La fin de ce déploiement marque le début de la transition vers le P-8A Poseidon pour les pilotes, les opérateurs de bord et les spécialistes au sol (mécaniciens, armuriers…) du VP 40. S'il s'agit ici du dernier déploiement opérationnel du P-3C Orion, il n'en reste pas moins que cet avion va poursuivre ses opérations aériennes depuis le territoire américain. En effet, deux unités de l'US Navy Reserve mettent en oeuvre le P-3C avec le Patrol Squadron (VP-62) « Broadswords » sur la Naval Air Station de Jacksonville, en Floride, et avec le Patrol Squadron (VP-69) « Totems », depuis Whidbey Island.

De plus cet avion est encore mis en oeuvre pour des missions opérationnelles dans deux versions distinctes, toujours dans l'US Navy. La première est le Patrol Squadron Special Projects Unit Two (VPU-2) qui assure des missions dont la nature a toujours été classée confidentielle par l'US Navy grâce à des P-3C Orion spécialement aménagés pour ces opérations, sans doute des missions d'observation, de surveillance, d'écoute et de la collecte de renseignements d'origine image (ROIM) et électromagnétique (ROEM). Enfin, l'US Navy utilise également la base du P-3 Orion pour faire voler ses EP-3E AERIES II (Airborne Reconnaissance Integrated Electronic System), spécialisés eux-aussi dans les missions ISR (Intelligence, surveillance and reconnaissance). Dans tous les cas, l'US Navy prévoit de retirer totalement du service actif les P-3C Orion en 2023.

Les Orion ont été utilisés au cours de leur carrière opérationnelle pour plusieurs types de missions. Principalement développés pour effectuer des missions de lutte anti-sous-marine pendant la Guerre Froide et contre les sous-marins de l'ex-Union Soviétique, les missions ont depuis largement évoluées en fonction des menaces, des besoins opérationnels et de l'arrivée des nouvelles technologies. En plus de la lutte anti-sous-marine, les P-3 étaient donc utilisés pour faire de la recherche et du sauvetage (SAR), de la lutte anti-navire, des missions ISR, de la lutte contre le trafic de drogue et la pêche illégale, ainsi que la surveillance des frontières et des espaces maritimes.

Par ailleurs, à l'instar des Atlantique II de la Marine nationale en France, les P-3 Orion se sont aussi déplacés des mers et des océans vers un milieu terrestre. Les P-3 Orion auront été de toutes les opérations militaires des Etats-Unis avec, entre autres, la crise des missiles à Cuba en octobre 1962, le Vietnam, l'Irak (guerre du Golfe en 1990, invasion de l'Irak en 2003 et lutte contre l'Organisation Etat Islamique en 2014), l'Afghanistan depuis 2001, la Libye en 2011, la Syrie depuis 2014, la Somalie et l'Asie, notamment pour surveiller les mouvements de la Chine et de la Corée du Nord.

© US Navy -  Un P-3C Orion du Patrol Squadron (VP) 40 en vol au-dessus de l'océan Pacifique pendant l'exercice GUAMEX 2014.

© US Navy - Un P-3C Orion du Patrol Squadron (VP) 40 en vol au-dessus de l'océan Pacifique pendant l'exercice GUAMEX 2014.

Outre les Etats-Unis avec l'US Navy, le P-3 Orion s'est exporté dans plusieurs pays avec l'Argentine, l'Australie, l'Allemagne, le Brésil, la Corée du Sud, le Chili, le Canada, l'Espagne, la Grèce, l'Iran, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Pakistan, le Portugal et Taïwan. Malgré le remplacement de nombre d'entre-eux par des P-8A Poseidon, depuis l'introduction de ces Orion au sein de leur flotte opérationnelle, ces pays ont continuellement modernisé leurs appareils avec l'intégration de nouveaux équipements plus puissants et plus performants afin de les maintenir en première ligne face aux technologies militaires du XXIème siècle.

Il existe aujourd'hui plusieurs dizaines de versions différentes du P-3 Orion en fonction du pays utilisateur et de ses propres modernisations, et en fonction aussi des différentes versions qui ont été développées pour lui permettre d'effectuer une large gamme de missions. Les trois principales versions sont le P-3A, la première version entrée en service en août 1962, la version P-3B quelques années plus tard seulement, le P-3C encore utilisé aujourd'hui et introduit dans les années 80 et enfin la version EP-3E ARIES puis ARIES II.

Les Orion actuellement en service au sein de l'US Navy volent tous sur la version P-3C Orion Update III avec des différences plus ou moins sensibles suivant les unités et les programmes de modernisation. Les Orion sont équipés, entre autres, du radar de surveillance maritime AN/APS-115 et du radar de recherche à synthèse d'ouverture inverse AN/APS-137D(V)5, de plusieurs IFF (Interrogation friend or foe), plusieurs boules optroniques avec voies électro-optiques et infrarouges, du système Sonobuoy pour l'écoute sonar, de détecteurs d'anomalies magnétiques, etc…

Les P-3C et les consoles de bord sont mis en oeuvre par un équipage de onze aviateurs avec trois pilotes (pilote, co-pilote et navigateur), deux officiers de l'US Navy, deux mécaniciens de bord, trois opérateurs des systèmes embarqués et un technicien. Ces appareils sont armés avec les missiles anti-navire AGM-84 HARPOON, les missiles de croisière air-sol AGM-84K SLAM-ER, les missiles air-sol AGM-65F MAVERICK, les torpilles Mk46/50/54, des roquettes, des mines et des grenades anti-sous-marine.

Les P-3C Orion sont motorisés par quatre turbopropulseurs Allison T-56-A-14 d'une puissance de 4 600ch chacun. Ces appareils mesurent 35,57m de long, 10,27m de haut, ont une envergure de 30,38m pour un poids maximal au décollage de 63 394kg. Leur vitesse maximale est de 761km/h et la vitesse de croisière est établie à 607km/h pour un plafond de 28 600 pieds (8 626m). Enfin, les P-3C Orion disposent d'un rayon d'action maximal de 4 408km ou une permanence sur zone de 3 heures avec une altitude de 457m et un rayon d'action de 2 492km.

© US Navy - Le 19 août 2007, une opération conjointe entre l'US Coast Guard, l'Homeland Security Customs and Border Protection, un P-3C Orion et la frégate USS Dewert avait permis l'arrestation dans l'océan Pacifique d'un semi-submersible transportant de la cocaïne pour un montant total de 352 millions de dollars.

© US Navy - Le 19 août 2007, une opération conjointe entre l'US Coast Guard, l'Homeland Security Customs and Border Protection, un P-3C Orion et la frégate USS Dewert avait permis l'arrestation dans l'océan Pacifique d'un semi-submersible transportant de la cocaïne pour un montant total de 352 millions de dollars.