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Defens'Aero

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Baltic Air Policing : La Belgique, République tchèque et le Danemark face aux aéronefs russes

Baltic Air Policing : La Belgique, République tchèque et le Danemark face aux aéronefs russes

© USAF - Un F-16AM belge s'arrache de la piste de Rovaniemi, pendant l'exercice Trident Juncture 18.

© USAF - Un F-16AM belge s'arrache de la piste de Rovaniemi, pendant l'exercice Trident Juncture 18.

Depuis le début du mois de mai 2019, la 50ème rotation de l'opération de l'OTAN « Baltic Air Policing » était assurée par quatre JAS-39C Gripen de la Force aérienne hongroise et cinq EF-18A Hornet de l'Ejército del Aire depuis la base aérienne de Šiauliai, en Lituanie, et par quatre Eurofighter Typhoon de la Royal Air Force, sur la base aérienne d'Amari, en Estonie.

Au cours de ce déploiement, les aviateurs espagnols auront réalisé 25 sorties aériennes, intercepté un total de 39 aéronefs et effectué 730 heures de vol. Quatre mois après avoir assuré la protection et l'intégrité de l'espace aérien des pays baltes (Lettonie, Estonie, Lituanie), la mission de cette 50ème rotation vient de s'achever fin août et a laissé sa place à la nouvelle rotation. En effet, dans un communiqué de presse publié le 4 septembre 2019, l'OTAN a indiqué que cette nouvelle rotation venait de prendre le relai avec l'engagement de la Belgique, de la République tchèque et du Danemark.

Dans le cadre de cette 51ème rotation, c'est la Composante Air belge qui prend la tête du déploiement avec l'engagement de quatre F-16AM sur la base aérienne de Šiauliai, aux côtés de quatre F-16AM de l'Armée de l'air royale danoise. Ces appareils vont aussi évoluer en coopération avec quatre JAS-39C Gripen de la Force aérienne tchèque, qui sont stationnés sur la base aérienne d'Amari.

Dans un communiqué de presse, l'OTAN souligne que « ces dernières années, nous avons assisté à une intensification notable de l’activité des forces aériennes russes le long des frontières des pays de la région qui sont membres de l’Alliance ». « Les avions de l’OTAN interceptent régulièrement des chasseurs russes qui volent à proximité de nos frontières sans se conformer aux règles internationales applicables en matière de sûreté aérienne, comme le fait de suivre son plan de vol ou de communiquer avec les contrôleurs aériens », est-il aussi expliqué.

La Belgique et sa Composante Air sont des habituées de cette mission de l'OTAN puisqu'elles ont déjà été engagées dans la région en 2004, 2006, 2013, 2015 (deux fois), 2016, 2017 et 2018. Le Danemark est aussi largement impliqué dans Baltic Air Policing puisqu'il s'agit de sa septième participation (2004, 2009, 2011, 2013, 2014 et 2018). Enfin, la République tchèque dans une moindre mesure avec un déploiement en 2009 et 2012.

© Czech MoD - Deux JAS-39C Gripen de la Force aérienne tchèque

© Czech MoD - Deux JAS-39C Gripen de la Force aérienne tchèque

  • Qu'est-ce-que l'opération « Baltic Air Policing » ?

A partir du début de la crise de Crimée (février-mars 2014), et avec l'annexion de cette région ukrainienne par la Russie de Vladimir Poutine, les pays occidentaux membres de l'OTAN ont pris certaines dispositions militaires et politiques (opération « Reassurance Initiative ») afin de réaffirmer leur soutien envers les pays de l'est qui jouxtent l'Ukraine, dont notamment la Pologne, la Roumanie, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie.

Depuis de nombreuses années maintenant, à tour de rôle, les forces aériennes des pays membres de l'OTAN prennent la permanence opérationnelle afin d'intercepter, identifier et escorter des aéronefs qui ne répondraient pas aux appels radios ou qui survoleraient, sans autorisation, les pays baltes (Lettonie, Estonie, et Lituanie), dépourvus d'une force aérienne armée de chasseurs capables de mener des missions de police du ciel.

Bien que la mission Baltic Air Policing soit opérationnelle depuis 2004, elle a été renforcée au mois de mai 2014 avec la mise en place de plusieurs plots de permanence opérationnelle, et non d'un seul lorsque les relations avec la Russie étaient apaisées.

La première rotation armant quatre plots était composée du Royaume-Uni avec quatre Typhoon à Siauliai (Lituanie), de la Pologne avec quatre MIG-29A « Fulcrum » depuis la base aérienne de Malbork (Pologne), du Danemark avec quatre F-16AM depuis Amari (Estonie) et de la France avec des Rafale Air et des Mirage 2000C/-5F depuis Malbork.

Ce renforcement du dispositif, qui comprenait alors seize chasseurs, a été réduit un an plus tard, avec deux plots, soit huit chasseurs, au lieu du seul et unique plot de quatre appareils alors en vigueur entre 2004 et 2014. Mais en mai 2018, l'OTAN a pris la décision de renforcer à nouveau ce dispositif en armant un détachement supplémentaire sur la base de Siauliai. De fait, l'opération passe de huit à quatorze chasseurs, dont dix à Siauliai et quatre à Ämari. Plus tard, le dispositif sera de nouveau revu à la baisse avec une douzaine d'appareils. De fait, le nombre de chasseurs évolue en fonction des relations avec Moscou.

Toutefois, les différentes forces armées envoyées sur place ont également pour objectif secondaire de s'entraîner avec les forces armées locales, d'améliorer leur interopérabilité, de tisser des liens plus étroits et de perfectionner leurs procédures communes, notamment aériennes.

Cette Quick Reaction Alert (QRA) est dirigée par le Combined Air Operations Centres (CAOC) de l'OTAN implanté à Uedem, dans l'ouest de l'Allemagne, et qui couvre l'ensemble des pays du nord de l'Europe, du Royaume-Uni jusqu'aux états Baltes. De son côté, le CAOC de Torrejón, en Espagne, gère tout le sud de l'Europe, du Portugal jusqu'aux côtes de la mer Noire, en Roumanie.

Actuellement, l'OTAN se charge de la mission de police du ciel (QRA) de l'Islande, de l'Albanie, des pays Baltes (Lituanie, Estonie, Lettonie), des nations du BENELUX (Belgique, Luxembourg et Pays-Bas), ainsi que de la Slovénie.