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Defens'Aero

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La DGA a effectué le dernier tir de qualification de l'AASM Block III

La DGA a effectué le dernier tir de qualification de l'AASM Block III

© J.L. Brunet / Armée de l'Air - Trois AASM présentées ici sous un Rafale, lors du salon du Bourget 2015.

© J.L. Brunet / Armée de l'Air - Trois AASM présentées ici sous un Rafale, lors du salon du Bourget 2015.

EXCLUSIF !

Avec l'arrivée prochaine au sein de l'armée de l'Air française et de la Marine nationale du standard F3-R sur les Rafale Air (C/B) et Marine, les experts des différents centres d'armement travaillent sur la mise au point des principaux systèmes d'arme qui arriveront en parallèle. Outre l'arrivée du missile air-air à longue portée METEOR et de la nacelle de désignation laser TALIOS, le standard F3-R va permettre l'emport et le tir de la bombe air-sol guidée laser/GPS AASM Block III.

En effet, d'après nos informations, la Direction générale de l'armement (DGA) a procédé au dernier tir de qualification de l’armement air-sol modulaire (AASM) Block III avec le nouveau mode de guidage laser sur cible mobile, aussi appelé « mode CMO » pour « cible mobile optimisée ». Ce tir, réalisé le 17 avril 2019, met un terme à la campagne de qualification de cet armement sur le F3-R.

Concrètement, l'AASM Block III et son mode CMO apportent de nombreuses améliorations à l'AASM, dont ses précédentes versions sont grandement employées dans les opérations extérieures, notamment en Irak et en Syrie. Avec ces nouvelles capacités, les performances de l'AASM sur cible mobile sont améliorées grâce à « une détection au plus tôt de la tache laser afin de rattraper les erreurs de désignation et d’optimiser la trajectoire pour atteindre l’objectif », expliquent plusieurs connaisseurs du dossier.

Cette capacité CMO vient s'ajouter à celles déjà intégrées sur la version Block III avec, entre autres, la programmation par l'équipage en cabine de la fusée d’amorçage, un nouvel angle d’impact à 30°, etc… Déjà en février 2018, un premier tir de qualification de l’AASM Block III avait été réalisé afin de valider le nouvel angle d’impact à 30°.

Pour permettre ce tir final de qualification, plus de deux années de travail ont été nécessaires, toujours d'après nos informations. Il a fallu, par exemple, modifier la signature infrarouge du véhicule-cible utilisé pour qu'il puisse être accroché par la nacelle DAMOCLES, mais aussi mettre en place un grand nombre de créneaux pour coordonner tous les acteurs.

D'après plusieurs sources concordantes, cette dernière mission s'est déroulée sur le site Landes de la DGA Essais de missiles (EM), qui engageait pour sa part « le réceptacle de tir instrumenté et la cible mobile terrestre », nous explique-t-on. La DGA Essais en vol (EV) s'est chargée de mettre en oeuvre le Rafale B de l'armée de l'Air et la nacelle de désignation laser DAMOCLES. Lors de ce dernier tir d'essais, la bombe AASM, illuminée par la nacelle, est allée percuter une cible mobile, représentée ici par un véhicule 4x4 télé-opéré qui roulait à plus de 90 km/h.

Dorénavant, ce sont les experts de la DGA Maitrise de l'information (MI) qui vont poursuivre le travail de développement de cette arme. En effet, grâce aux « résultats de ce tir qui permettent de conforter le modèle de référence », explique une source, les experts de la DGA vont pouvoir valider les performances de l’arme ainsi que ses sous-ensembles.

A terme, la Direction générale de l'armement prévoit de prononcer la qualification de l'AASM Block III dans le courant du mois de juin 2019, avec une entrée de cette bombe dans les forces armées françaises dans courant de la fin de l'année 2019.

Pour rappel, l'AASM « se présente sous la forme de kits qui sont montés sur des corps de bombes standards OTAN » expliquait la DGA. Ces kits de guidage s'adaptent sur des corps de bombes de 125, 250, 500 et 1 000kg, peuvent être utilisés à centaine de kilomètres de distance de la cible ce qui permet à l'avion-tireur de frapper ses objectifs à distance de sécurité et que ce soit à haute ou basse altitude.

Aujourd'hui, après des évolutions et des modifications face aux retours d'expériences (RETEX), cet armement français se décline en plusieurs versions, ce qui permet une « souplesse d’emploi quelles que soient les conditions météorologiques et une extrême précision », vante la DGA.

La première version (SBU-38 Hammer) est celle dite AASM INS/GPS, à guidage inertiel hybridé GPS. Sagem explique sur son site « qu'une fois les coordonnées entrées dans l'arme, le guidage inertiel lui permet d'atteindre sa cible sans recours au signal GPS si celui-ci est indisponible ».

La deuxième version (SBU-64 Hammer) est celle dite AASM INS/GPS IR, à « guidage inertiel/GPS, complété d'un guidage terminal à imageur infrarouge ». Ici, l'AASM comporte un « modèle simplifié de l'image de la scène autour de la cible qui est préalablement introduit dans l'arme, et l'imageur permet le recalage de la trajectoire de l'AASM en fonction des missions, au cours des dernières secondes avant l'impact, grâce à ses algorithmes de reconnaissance d'images ». Cette version permet de toucher l'objectif, même si le guidage GPS est erroné ou s'il est victime d'un dysfonctionnement.

Enfin, la troisième et dernière version (SBU-54 Hammer) est celle dite AASM INS/GPS/Laser, qui est guidée par une nacelle de désignation laser d'un aéronef ou par un FAC au sol. Le guidage laser permet notamment d'utiliser cet AASM contre « des cibles mobiles manoeuvrantes, terrestres ou navales », de la même manière que les GBU à guidage laser.