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Defens'Aero

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BOLQ QUEST 19-1 : Plein pot sur l'interopérabilité entre les nations

BOLQ QUEST 19-1 : Plein pot sur l'interopérabilité entre les nations

© Ilmavoimat - Un F/A-18C finlandais au roulage devant un Cessna O-2 et les Learjet privés.

© Ilmavoimat - Un F/A-18C finlandais au roulage devant un Cessna O-2 et les Learjet privés.

Du 11 avril au 24 mai 2019, la Finlande accueille l'édition 19-1 de l'exercice international BOLD QUEST. Cette année, l'exercice rassemble pas moins de quinze nations, 2 200 militaires ainsi qu'une trentaine d'avions de combat, drones, avions de ravitaillement ainsi que des systèmes d'artillerie sol-sol. Dispersés sur plusieurs bases aériennes et centres d'entraînement, l'ensemble de ces moyens terrestres et aériens vont devoir coopérer ensemble afin de développer de nouvelles tactiques et d'améliorer leur interopérabilité.

En effet, l'exercice BOLQ QUEST est, comme l'explique l'armée de l'Air, une « campagne d’expérimentations interalliée ». Au cours de ces sept semaines d'exercice, les nations participantes vont partager leurs connaissances et leur savoir-faire dans de nombreux domaines afin d'accroître leur potentiel, de développer de nouvelles tactiques et d'améliorer leur interopérabilité pour faciliter la mise en place et la conduite de coalition internationale de grande ampleur.

Dans un communiqué de presse publié à l'occasion du lancement de la campagne 19-1, le Ministère finlandais de la Défense écrit que « l'objectif de Bold Quest est de démontrer et d'évaluer l'interopérabilité des systèmes de commandement et de conduite des outils de tirs et des systèmes associés dans un environnement opérationnel multinational ». L'exercice « teste et démontre l'interopérabilité fonctionnelle et technique des systèmes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) au sol, en mer et dans les airs, ainsi que des systèmes de tirs », est-il aussi précisé.

Organisé tous les ans depuis 2003, le nombre de participants à cet exercice n'a jamais cessé de croître. Si BOLD QUEST a eu lieu au Royaume-Uni en 2005 et en Norvège en 2010, il s'est tenu toutes les autres fois aux Etats-Unis. La localisation de cet exercice aux Etats-Unis était un frein à la participation de nombreuses nations européennes puisqu'elles devaient déployer outre-Atlantique des moyens importants, notamment en terme de logistique, pour pouvoir acheminer le personnel militaire, les avions de combat, l'outillage, etc… C'est pour cette raison que l'édition 2019 se tient en Finlande, en plus d'avoir un espace aérien moins encombré que d'autres pays en Europe et de vastes zones inhabitées.

Les bases aériennes de Rovaniemi, dans le nord de la Finlande, et de Rissala, dans le centre, sont les deux principaux pôles d'où opèrent les différents vecteurs aériens qui participent aux expérimentations. La première accueille quatre hélicoptères NH-90TTH de la Finnish Army, trois F-16AM/BM de la Royal Danish Air Force (Flyvevåbnet), huit F/A-18C Hornet de l'US Marine Corps ainsi qu'un L-39 Albatros et un Cessna Citation CJ2 de la compagnie danoise Skyline Aviation B.V. La seconde comprend des F/A-18C Hornet et un PC-12NG finlandais, deux Rafale B de l'armée de l'Air, un ravitailleur KC-135R de l'US Air Force, deux Learjets de la compagnie allemande GFD GmbH et un Cessna O-2 de la compagnie américaine Avwatc.

A noter que les F-16AM/BM de la Royal Norwegian Air Force participent depuis leur propre base aérienne en Norvège, et que le ravitailleur français A330 MRTT « Phénix », encore aux mains des équipages de l'Equipe de marque (EM) du CEAM, participe aussi aux missions en opérant depuis la France.

© Armée de l'Air - Les deux Rafale B du CEAM sous la neige et dans le froid de la Finlande.

© Armée de l'Air - Les deux Rafale B du CEAM sous la neige et dans le froid de la Finlande.

Dans le détail, la France déploie un contingent de 300 militaires de l'armée de l'Air, de la Marine nationale et de l'armée de Terre, soit la troisième plus grosse nation participante après la Finlande et les Etats-Unis. Se trouvent sur place « des équipes JTAC (Joint Tactical Air Controller), un TOC (Tactical Operation Center), des sections d’artillerie (2 LRU et 2 CAESAR), un réseau SIC (systèmes d’information et de communication) de type FMN (Federated Mission Network) et un laboratoire ISR (renseignement, surveillance et reconnaissance) ». De plus, des aviateurs des bases aériennes 133 de Nancy-Ochey et 118 de Mont-de-Marsan participent aux missions avec les simulateurs connectés en réseau.

L'ensemble de ces militaires, associés à des personnels de la Direction générale de l'armement (DGA), sont dirigés par le Centre d'expertise aérienne militaire (CEAM). Deux Rafale B au standard F3-R, leurs équipages de l'Escadron de Chasse et d'Expérimentation 1/30 « Côte d'Argent » et des mécaniciens ont rejoint la Finlande équipés « d’Alliance pour le Dacas (Digitally Aided Close Air Support - appui aérien rapproché assisté numériquement) ». Toujours en provenance du CEAM, de nombreux experts issus de l'Equipe de marque (EM) Rafale, Cyber et Simulation ont fait le déplacement avec ceux du Centre d’expertise et d’instruction des liaisons de données tactiques (CEILDT) et de l'Escadron de commandement et de contrôle sol-air (EC2SA).

Enfin, la participation française est aussi importante cette année puisque « l’architecture SIC française est intégralement mise en œuvre par les aviateurs de l’EAC2P (escadre aérienne de commandement et de conduite projetable) d’Évreux, dont l’un des objectifs primordiaux est la conformité du réseau à la norme FMN proposée par l’Otan, afin notamment de préparer la prise de l’alerte NRF (Nato Response Force) par la France en 2022 », détaille l'armée de l'Air.

© Ilmavoimat
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