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Defens'Aero

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Le Groupe Aérien Embarqué retrouve le pont d'envol du Charles de Gaulle

Le Groupe Aérien Embarqué retrouve le pont d'envol du Charles de Gaulle

© Frédéric Duplouich / Marine Nationale / Défense - Deux Rafale Marine au break, armés de missiles air-air MICA IR/EM.

© Frédéric Duplouich / Marine Nationale / Défense - Deux Rafale Marine au break, armés de missiles air-air MICA IR/EM.

Début novembre 2018, la Ministre des Armées Florence Parly a annoncé officiellement la fin des travaux de refonte à mi-vie (ATM) du porte-avions Charles de Gaulle de la Marine Nationale, entré en chantier dans le bassin Vauban (Toulon) en février 2017. Ces travaux ont été effectués sous la maîtrise d'oeuvre du Service de Soutien de la Flotte (SSF) et en coopération avec la Direction Générale de l’Armement (DGA) et le groupe naval français DCNS.

Avant son départ en mission opérationnelle dans le courant du premier trimestre 2019, sans doute en Océan Indien, les marins doivent se réapproprier les lieux, découvrir et apprendre le fonctionnement des nouveaux systèmes installés sur le bâtiment. C'est notamment le cas pour le Groupe aérien embarqué (GAé) qui vient d'entamer « un cycle d'entrainement sous l'autorité de l'amiral commandant la force d'action navale (ALFAN) et de l'amiral commandant l'aviation navale (ALAVIA) », d'après le Ministère des Armées.

En effet, sur plusieurs semaines, les pilotes des Rafale Marine, E-2C Hawkeye, NH-90NFH Caïman et Dauphin « Pedro » s'entraînent à opérer à partir du porte-avions (consignes de sécurité, catapultages et appontages, manoeuvres sur le pont, etc…). Il s'agit ici de requalifier les anciens pilotes et de qualifier les plus jeunes, dont un pilote de l'US Navy en échange dans la Chasse Embarquée. Avant ces qualifications, les pilotes ont pu pratiquer des ASSP (appontages simulés sur piste) depuis la base aéronavale de Landivisiau ou la base aérienne d'Istres et s'entraîner depuis le porte-avions américain USS George H.W. Bush.

Par ailleurs, toujours dans le cadre de ces appontages, le retour à la mer du navire amiral de la Marine Nationale a été l'occasion pour la Direction générale de l'armement, avec le soutien du Centre d’Expérimentations Pratiques et de réception de l’Aéronautique navale (CEPA/10S), de qualifier les nouveaux systèmes d'aide à l'appontage (ou « miroir d'appontage ») : le DALAS-NG et l'IFLOLS.

D'après nos informations, pour réaliser ces essais, le CEPA/10S a mis en oeuvre sa « nouvelle installation d’essais et de mesures développée par son département 'logiciels et moyens d’essais' ». Cette dernière inclut « l’intégration d’un rétro-réflecteur de Rafale sur un hélicoptère Caïman » et « la mise en place sur le PA de moyens de mesures de la trajectographie et de référence du navire », nous précise-t-on. Ces systèmes sont capables d'avoir une précision décimétrique voire centimétrique.

De plus, ce dispositif a aussi permis de fournir aux ingénieurs de la DGA des données concernant les vitesses de catapultage, lorsque que les appareils accrochent les brins d'appontage ainsi que des images HD synchronisées des catapultages et des appontages. Outre ces installations, deux Rafale Marine ont été impliqués au cours des sept vols qui ont été réalisés, de jour comme de nuit, les tous premiers depuis la fin de l'ATM du porte-avions. Les appareils étaient pilotés par des aviateurs du CEPA10/S, tandis que la DGA EV (DGA Essais en vol) les a instrumentés.

Les données recueillies à bord du porte-avions et des aéronefs utilisés pour les essais ont permis à la DGA de qualifier les systèmes DALAS-NG et IFLOLS. Une étape impérative et obligatoire avant le retour à bord des Rafale M et Hawkeye de la Chasse Embarquée pour la reprise des entraînements et qualifications.

© Marine Nationale / Défense - Un E-2C Hawkeye de la Flottille 4F s'apprête à apponter sur le porte-avions Charles de Gaulle.

© Marine Nationale / Défense - Un E-2C Hawkeye de la Flottille 4F s'apprête à apponter sur le porte-avions Charles de Gaulle.

Pour rappel, les deux premiers systèmes IFLOLS (Improved Fresnal Lens Optical Landing System), ou « miroir d'appontage », sont arrivés en France fin 2017 et ont été testés au cours de cette même période. Validés par la DGA, ils ont été mis en service début 2018 sur la base aéronavale de Landivisiau. 

Ce nouveau système IFLOLS est développé et produit par le Naval Air Systems Command (NAVAIR) de l'US Navy. Sur porte-avions, il utilise « une fonction de guidage optique précise et est capable de compenser automatiquement les mouvements du pont d'envol face à la houle parfois agitée », nous expliquaient plusieurs sources concordantes en février 2018.

Cet équipement « permet aux pilotes embarqués de visualiser la trajectoire de descente idéale pour la réussite d’un appontage grâce à un dispositif de faisceaux lumineux. Pour pouvoir s'entraîner avec cet outil, les pilotes doivent d’abord être qualifiés aux ASSP. Cette qualification est obtenue lors d’entraînements réalisés sur la base de Landivisiau ou d’Istres avec des équipements terrestres semblables à l’équipement embarqué », nous détaillait-on alors.

Notifié en mars 2014 dans une Foreign Military Sale (FMS) par la Defense Security Cooperation Agency (DSCA, Agence Américaine d'Exportation d'Armement), ce contrat prévoit la livraison, au total, de trois miroirs d'appontage achetés sur étagère aux Etats-Unis. Les deux premiers sont donc en service à Landivisiau, tandis que le troisième a été livré en France mi-2018.

Mais cet optique d’appontage n'est pas le seul instrument qui apporte une aide précieuse aux pilotes embarqués lors de l'appontage. En effet, on y trouve également un système de trajectographie appelé DALAS-NG (Dispositif d'aide à l'Appontage LASer Nouvelle Génération) et développé par Safran.

Grâce au développement de ce nouveau système de nouvelle génération, les officiers d'appontage disposeront d'un suivi des aéronefs (Rafale M et E-2C Hawkeye) depuis l’approche et jusqu’à l’appontage. Dans ce cas, le DALAS-NG permet de « détecter et d'assurer un début de suivi des avions à partir d'une distance entre 8 et 10 nautiques, que ce soit de jour, mais aussi de nuit ».

Le fonctionnement du DALAS-NG est indispensable sur le porte-avions. En effet, dès la détection de l'avion, le dispositif va débuter l'enregistrement de la trajectoire de l'aéronef, mais il va aussi restituer son positionnement par rapport à la trajectoire optimale, et enfin, estimer le brin d’arrêt qui sera accroché à l'aide de la crosse d’appontage.

Cela permet notamment de connaître précisément le point d'arrêt de l’aéronef sur le pont, et par conséquent, d'assurer une meilleure sécurité et intervention en cas d'urgence, et de dégager plus rapidement l'appareil si d'autres aéronefs suivent derrière.

Pour permettre l'ensemble de ces fonctions, le DALAS-NG est composé d'une tourelle orientable et d'un détecteur optronique. Ce dernier est lui-même composé, selon nos sources, d'une « imageurie couleur HD et d'une seconde infra-rouge dans le cadre des opérations de nuit lors des appontages pendant une mauvaise visibilité. De plus, un laser mesure précisément la distance ainsi que la position de l'appareil par rapport au pont d'envol du porte-avions ».