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Defens'Aero

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Colonel Gaudillière : la base aérienne 118 est une « mini armée de l’Air »

Colonel Gaudillière : la base aérienne 118 est une « mini armée de l’Air »

EXCLUSIF !

Les 29 et 30 septembre 2018 s'est tenu le meeting aérien Des Etoiles et Des Ailes sur l'aéroport de Toulouse-Francazal. A cette occasion, Defens'Aero a pu interviewer le commandant de la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, le colonel Cédric Gaudillière. A travers ces questions, nous revenons sur la BA 118 aujourd'hui et dans les prochaines années, les travaux du CEAM, les missions opérationnelles, son implication dans les contrats Export et sur le Nato Tiger Meet (NTM) 2018.

© Loïc Van-Sluys / Armée de l'Air - Le colonel Cédric Gaudillière lors de la signature d'une convention entre l’EDSA et le collège de Geaune.

© Loïc Van-Sluys / Armée de l'Air - Le colonel Cédric Gaudillière lors de la signature d'une convention entre l’EDSA et le collège de Geaune.

1. Quelle place occupe aujourd’hui la base aérienne 118 au sein de l’armée de l’Air ? 

La base aérienne 118 a subi un tournant stratégique ces dix dernières années. Avec l’arrivée du Rafale, la base a été complètement remodelée. Je reviens un petit peu sur son histoire parce que cela permettra de mieux décrire justement le « step » qui a eu lieu dernièrement. C’est une base avant tout qui, dans les années 50, a vu l’implantation de la dissuasion, c’est une base historique, sans parler de l’implantation du CEAM après la Seconde Guerre mondiale et qui est dédié aux essais. L’arrivée de la dissuasion se fait avec le premier tandem Mirage IV AN-11 / C-135, et la première patrouille opérationnelle se fait sur la base aérienne de Mont-de-Marsan en 1964. Dans les années 60, la base a reçu d’importants investissements, notamment avec le Mirage IV qui est resté jusque dans les années 2000. Elle est restée très centrée sur les expérimentations puisque le CEAM a continué son travail avec l’expérimentation en vol des nouveaux matériels de l’armée de l’Air. Après, surtout dans les 2000, l’armée de l’Air s’est demandée si elle allait continuer ou non à investir sur cette base et le choix qui a été fait d’implanter des escadrons opérationnels Rafale a permis l’essor de la base aérienne avec l’arrivée de 4 escadrons de chasse.

Aujourd’hui, en 2018, on a l’Escadron de Chasse et d’Expérimentations 1/30 « Côté d’Argent » du CEAM, deux escadrons opérationnels avec le Régiment de Chasse 2/30 « Normandie-Niémen » et l’Escadron de Chasse 3/30 « Loraine », et depuis peu, dans le cadre du soutien Export, on a le 4/30, qui est l’escadron de chasse des Qataris. Le 4/30 n’a pas de nom de baptême, mais si bien qu’on a quatre escadrons de chasse avec toute une diversité de missions : de l’expérimentation, des missions opérationnelles et du soutien à l’export.

Il ne faut pas oublier que la base aérienne aujourd’hui c’est une sorte de « mini armée de l’Air » puisqu’on y effectue toutes les missions de l’armée de l’Air avec les escadrons opérationnels Rafale, qui eux sont en première ligne pour tout ce qui est projection immédiate de puissance sur notre pré-carré. Aujourd’hui ils sont directement en opération à partir de la base aérienne projetée en Jordanie, et bien sur on a la mission de protection du territoire avec deux Rafale prêts à décoller en quelques minutes et armés BDG pour défendre l’espace national (PPS).

Finalement, on s’aperçoit que la BA 118 est une base opérationnelle en permanence et c’est très important car une base aérienne c’est un outil de combat qui doit être forcément opérationnel 7j/7 et 24h/24. Derrière finalement, ça « drive » toute son organisation avec des systèmes d’astreinte qui font que la base doit être opérationnelle tout le temps car pour faire décoller des avions il faut des pilotes, des mécaniciens, des contrôleurs aériens, etc… tous ces métiers qui font tourner une base aérienne en permanence.

Dans ces missions opérationnelles, je veux aussi citer l’EDSA, l’escadron de défense sol-air. Il est très important car les trois autres EDSA sont déployés sur des bases aériennes à vocation nucléaire, et nous nous avons le quatrième, l’EDSA 12.950 « Tursan ». Il a pour mission de défendre les points névralgiques et il est déployé sur tous les DPSA, dispositif de sûreté aérienne, notamment pour les 11 novembre, 14 juillet, etc… et il peut être amené à être engagé autour d’une grosse base aérienne comme Mont-de-Marsan en cas de montée en puissance de la base.

On a aussi un escadron de cyber-défense qui s’appelle l’ESIOC (Escadron des systèmes d'information opérationnels et de cyber-défense). C’est un escadron pleinement opérationnel et qui est chargé de la cyber-défense de tous les réseaux-métiers de l’armée de l’Air. Il y a des experts en cyber-défense qui surveillent les réseaux-métiers de l’armée de l’Air pour vérifier qu’ils ne soient pas attaqués et qui, le cas échant, peuvent envoyer des groupes d’intervention pour réparer les réseaux. Ils font aussi de la formation opérationnelle en programmant des applications qui vont être embarquées sur Rafale ou Mirage 2000.

Les escadrons cités avant sont tous implémentés au sein de la 30ème Escadre de chasse et on retrouve notamment l’ESTA 15/30 « Chalosse », qui regroupe 630 mécaniciens et qui oeuvre au profit des 4 escadrons de chasse.

Pour être plus complet, on a parlé de toutes ces missions opérationnelles, mais la base a aussi d’autres missions importantes avec la préparation de l’avenir. J’ai évoqué l’implantation du CEAM après la Seconde Guerre mondiale, qui est devenu aujourd’hui un « Air Warfare Center » puisqu’il teste tous les matériels qui vont être utilisés dans l’armée de l’Air. Ce n’est pas seulement les avions de chasse, c’est aussi par exemple les futurs camions de pompiers, etc… C’est un centre d’experts, de gens issus des forces et qui ont une vraie expérience du combat, qui vont expérimenter des matériels nouveaux dans tous les coins du domaine militaire et dans un environnement militaire. Ils vont rédiger les premières notices techniques et ensuite ils vont transférer finalement ce matériel dans les forces. Ils vont vraiment pré-mâcher ce travail tactique, c’est pour ça qu’on a besoin d’avoir « la crème de la crème », c’est souvent les meilleurs pilotes et mécaniciens qui viennent au CEAM. 

La dernière mission importante, c’est celle de l’instruction. On a sur la BA le CICDA, qui forme tous les contrôleurs aériens militaires : aviateurs, contrôleurs de l’armée de Terre et bientôt ceux de la Marine nationale. On a aussi le CFR, Centre de formation Rafale, qui forme tous les futurs utilisateurs du Rafale : pilotes, mécaniciens et tout le personnel qui sera amené à oeuvrer dans la sphère Rafale. On y forme des aviateurs français principalement mais dans le cadre de nos accords avec les étrangers, on forme des Qataris et des Indiens, qui sont arrivés dans la semaine 17 septembre.

© Etat-Major des Armées - La 30ème EC est engagée sur le territoire national, en Afrique et au Moyen-Orient.

© Etat-Major des Armées - La 30ème EC est engagée sur le territoire national, en Afrique et au Moyen-Orient.

2. Vous avez évoqué l’activité opérationnelle de la BA, notamment en Jordanie. Qu’en est-il des missions en Libye ou de la présence des aéronefs russes au large de la France ?

Depuis la base de Mont-de-Marsan, il y a encore différentes missions [qui sont menées, NDLR] mais pour des raisons de classification je ne pourrai pas vous les développer. Mais on peut imaginer des missions de reconnaissance, d’autres missions, qui peuvent se faire depuis des bases aériennes sur le territoire national, mais aussi depuis des bases projetées, notamment au Moyen-Orient ou en Afrique.

Le dispositif PPS est absolument adapté à ces démonstrations de puissance des Russes. Cela fait des années qu’ils « titillent » de plus en plus l’espace aérien européen en faisant des incursions jusqu’au golfe de Gascogne. Avec le dispositif actuel à quatre PO [permanence opérationnelle, NDLR], qui peut être monté jusqu’à 6, on a une réactivité qui fait qu’on est complètement opérationnel pour aller les intercepter aux bords de notre espace aérien. On envoie en priorité la PO qui est à Saint-Dizier et ensuite se met en place un mécanisme de relai avec les PO qui se passent le relai pour aller non pas les intercepter, mais les « monitorer ». Cela se passe aussi dans le cadre de la PO otanienne puisqu’on a des accords avec les autres PO frontalières, ce qui permet de se les transférer de PO en PO, dès la mer du Nord. Bien souvent, ils nous sont transmis par les Anglais.

© Armée de l'Air - Malgré une forte présence de Rafale, la BA 118 conserve des 2000D avec l'arrivée prochaine du Mirage 2000D RMV.

© Armée de l'Air - Malgré une forte présence de Rafale, la BA 118 conserve des 2000D avec l'arrivée prochaine du Mirage 2000D RMV.

3. Comment va évoluer la BA 118 au cours des prochaines années ?

On l’a vu, la BA 118 aujourd’hui oeuvre sur un spectre de missions qui est quasiment l’ensemble des missions de l’armée de l’Air. Je n’ai pas parlé de la dissuasion car on n’est plus une base nucléaire à proprement parler. Avant il y avait un dépôt de têtes nucléaires sur la base mais qui a fermé dans les années 2010. En revanche la base peut accueillir, dans le cadre des missions de dissuasion, les C-135. Donc ça reste une base qui est impliquée dans cette mission de dissuasion. Si on regarde les grandes fonctions stratégiques des armées (dissuasion, projection de puissance et protection du territoire), la BA 118 est complètement impliquée dans ces missions.

Le futur de la BA 118, c’est de continuer sa montée en puissance Rafale. On a aujourd’hui l’EC 3/30 « Lorraine » qui est en train d’être construit. Les pilotes du Lorraine sont hébergés à l’escale et on va avoir un escadron opérationnel et flambant neuf qui va sortir à l’été 2019. On a également de grosses infrastructures en construction, notamment le futur bâtiment simulateur. Aujourd’hui on a deux boules de simulation qui ont été construites pour les besoins du soutien à l’export avec le Qatar. Dans un an, à l’été 2019, on a le futur Centre de simulation Rafale de nouvelle génération qui va arriver avec quatre cabines, à l’instar de ce qui se fait à Saint-Dizier, qui peuvent être configurées pour des faire des monoplaces ou des biplaces, etc… Et ce simulateur va être directement « réseauté » avec celui de la BA 113 pour faire des missions très réalistes au simulateur.

Pour le CEAM, on va avoir l’implantation du DIMOC, avec la LVC16. On s’appuie sur la L16 pour augmenter le niveau de représentativité de nos mission en injectant des plots virtuels lors de réelles missions aériennes et on va venir « linker » les gens qui sont au simulateur pour les faire participer à une mission aérienne. De fait, on vient impliquer des acteurs qui sont au simulateur et injecter des plots L16 pour avoir une mission plus complexe, ce qui fait que l’on a un haut niveau de représentativité des missions avec un rendu plus opérationnel. Tout cela va être développé au sein du DIMOC, qui appartiendra au CEAM, et c’est une mission qui sera complètement opérationnelle à partir de l’été 2019. On a déjà un premier embryon de capacité qu’on utilise notamment sur l’exercice VOLFA, et qui monte en puissance.

Outre les cinquante Rafale, en raison de la présence du CEAM, on a également des Mirage 2000D qui sont en train d’être rénovés avec la rénovation à mi-vie. C’est ce qui va être expérimenté très prochainement sur la base. L’arrivée du standard F3-R en janvier prochain au CEAM est aussi une mission importante au sein du 1/30. Il va être expérimenté notamment le METEOR et le pod TALIOS, qui sont les deux gros « game changer » pour nous.

© Anthony PECCHI / Dassault Aviation - Un Rafale lors d'un vol d'essais, ici équipé de la nacelle TALIOS.

© Anthony PECCHI / Dassault Aviation - Un Rafale lors d'un vol d'essais, ici équipé de la nacelle TALIOS.

4. Vous évoquez le standard F3-R qui s’apprête à entrer dans les forces. Justement, l’Equipe de Marque Rafale du CEAM vient de fêter ses 30 ans. A ce titre, quels sont les chantiers sur lesquels elle est engagée et ceux à venir ?

La base continue à expérimenter les futurs standards du Rafale avec l’arrivée très prochainement du F3-R, qui va être expérimenté durant six mois environ. Cela permettra de tester les conduites de tir METEOR et le pod TALIOS, qui sera une des grosses avancées de ce standard. Il y a également pleins d’autres améliorations IHM. Les essais dureront six mois environ sur la base pour livrer une première capacité opérationnelle dans les forces, et l’expérimentation se poursuivra ensuite pendant des années. Il faut savoir que l’EM Rafale au CEAM travaille sur le F3-R mais l’EM Rafale à Istres, qui travaille avec le CEV, est déjà en train de travailler sur le standard F4 qui arrivera dans 6 ans, en 2024. C’est important de le dire car on ne travaille pas uniquement sur le prochain standard de l’année prochaine, mais aussi sur le coup d’après. 

Le METEOR et le TALIOS sont réellement des « game changer » car le premier va permettre de rendre au Rafale une certaine avance dans le cadre de la mission de défense aérienne. Aujourd’hui, avec la prolifération des armements russes et la montée en puissance d’avions de la même génération que le Rafale, pour la mission de défense aérienne, il commence à être très « challengé ». Avec l’arrivée du METEOR, on va vraiment reprendre de l’avance sur ces générations d’avions avec un appareil qui va pouvoir tirer au-delà de 100km, notamment avec le tandem METEOR-RBE2 AESA qui va permettre d’avoir un missile tiré de beaucoup beaucoup plus loin.

C’est d’ailleurs pour cela que des Suédois sont récemment venus à Mont-de-Marsan ?

Exactement, dans le cadre de l’exercice Bernadotte qui a eu lieu sur la base au mois de septembre avec l’escadron de chasse « Lorraine », les Gripen, qui eux arrivaient de l’escadron d’expérimentation, ont pu tester leur conduite de tir METEOR. Ensuite, cela leur permet aussi de travailler leur interopérabilité avec les Rafale. L’exercice a été extrêmement prolifique. Les Suédois parlaient de revenir très prochainement, mais avec la présence du Tiger Meet l’année prochaine, on ne sera pas en mesure de réorganiser l’exercice chez nous. En revanche pour eux, cela a été extrêmement bénéfique. Cela permet aussi d’échanger sur nos procédures car on rencontre moins souvent les Gripen en opération.

© M. Alleaume / Dassault Aviation - Un Rafale EQ, armé de missiles air-air MICA IR et EM.

© M. Alleaume / Dassault Aviation - Un Rafale EQ, armé de missiles air-air MICA IR et EM.

5. Comment est affectée la base avec la formation des Qataris et comment se déroule cette formation ?

L’escadron de chasse qatari a été opérationnel au 1er octobre 2017 puisque les pilotes sont arrivés à cette date. Cela a nécessité auparavant et en un an la création d'un escadron flambant neuf. Il faut savoir que dans le cadre de ce partenariat, les Qataris ont demandé, pendant un an et demi, à vraiment être en immersion complète au sein d’un escadron de l’armée de l’Air française pour pouvoir répliquer à l’identique tous nos savoirs-faire chez eux. L’objectif, c’est qu’ils restent pendant de deux ans pratiquement, ensuite qu'ils soient complètement autonomes chez eux pour qu'ils puissent répliquer un escadron à l’identique d’un escadron français.

On leur a construit un escadron de chasse qui est assez proche des escadrons « Normandie-Niémen », « Provence » et « Gascogne » qu’on avait construit à Saint-Dizier. Depuis le 1er octobre 2017, on a reçu les premiers pilotes qui arrivaient de la BA 113 et qui savaient déjà piloter. Maintenant ils sont sur une phase plus tactique avec des vols qui permettent de récupérer des qualifications SCP. Les mécaniciens, au travers de l’on job training (OJT), ils apprennent au fil de l’eau à réparer et à effectuer des actes de maintenance sur les avions de chasse parce qu’à la différence des pilotes où il est possible de faire du simulateur, il n’en existe pas pour simuler de la maintenance. De fait les mécaniciens sont entraînés via l’OJT, et ils apprennent avec nos mécaniciens français.

Là, l’impact est très important sur nos ressources humaines. On a trois pilotes de chasse français injectés au sein du Qatar Rafale Squadron (QRS) et une quarantaine de mécaniciens français qui sont monopolisés à plein temps pour effectuer la formation. On leur forme également du personnel du renseignement et de la guerre électronique. Une dizaine d’instructeurs [français, NDLR] sont chargés d’effectuer leur formation. Enfin, on forme aussi leurs futurs moniteurs simulateur. Donc c’est tout un éventail de spécialités, et cela impacte fortement les ressources humaines de Mont-de-Marsan. Mais eux, cela leur permet d’être formés au plus près de l’utilisateur.

Ce partenariat se passe pour le mieux, on est a peu près sur la courbe, on suit l’évolution en vol et on suit la formation de leurs pilotes et celle de leurs mécaniciens. Cela se passe convenablement. Mais ce n’est pas sans sacrifice RH pour la base aérienne.

Les Qataris volent sur des Rafale français, et c’est environ cinq machines qui sont monopolisées pour former les pilotes et les mécaniciens, soit environ plus de 1 500 heures effectuées à Mont-de-Marsan en 2018 au profit de la formation des Qataris, au sein de la 30ème escadre. Cela en plus de la formations des pilotes français au sein du 1/30, 2/30 et 3/30 et.

L’utilisation des équipements et de la RH de l’armée de l’Air fait partie du contrat qu’a conclu l’armée de l’Air avec le Qatar. L’armée de l’Air a récupéré beaucoup d’argent, ce qui lui permet de renforcer son flux logistique, de se construire un escadron QRS qui sera, après le départ des Qataris à l’été 2020, un escadron flambant neuf pour l’armée de l’Air.

Aujourd’hui, dans le cadre de ce marché export, on a le CSR, le simulateur des pilotes Rafale, composé de deux boules qui ne sont pas tout à fait représentatives des futures boules de notre futur CSR NG. Mais c’est sur celles là qu’on va s’appuyer pour le futur CSR et où on implémentera deux autres boules. On a donc déjà une base solide pour le CSR NG. C’est donc un contrat « win-win » pour les deux pays. L’armée de l’Air est très gagnante. Outre l’escadron Rafale et le simulateur, on a une chaine logistique avec un ESRT (Escadron de ravitaillement technique aéronautique) qui est flambant neuf. C’est par là que transitent toutes les pièces Rafale, dans des gros hangars de logistique qui ont aussi bénéficié de ce marché.

© Pascal ARROYAS / Armée de l'Air / Défense - Le Rafale de l'EC 3/30 lors du NTM 17.

© Pascal ARROYAS / Armée de l'Air / Défense - Le Rafale de l'EC 3/30 lors du NTM 17.

6. Comment se prépare le Nato Tiger Meet 2019 ? Quelles nations et unités ont déjà répondu présentes ? Doit-on s’attendre à une décoration spéciale sur Rafale ?

Le Tiger Meet aura lieu sur la base de Mont-de-Marsan du 13 au 24 mai 2018. Il y aura une journée portes-ouvertes le 18 mai, mais fermée au public. Elle sera ouverte aux partenaires et aux familles, et il y aura quand même des spotters qui devront avoir leurs places sur billetterie privée. Pour les spotters, il y aura des journées spotters day qui seront organisés pendant le Tiger Meet, pas forcément pendant les JPO. Quoi qu’il en soit, ils seront mis au courant pour ces journées.

A Mont-de-Marsan, deux escadrons sont directement impliqués en raison de leurs traditions Tigres, le 1/30 « Côte d’Argent » et le 3/30 « Lorraine ». Le 2/30 « Normandie-Niémen » sera lui délocalisé pendant ces deux semaines. Il y aura des Rafale aux couleurs tigres.
Pour les nations qui ont répondu favorablement, il y a les Allemands avec les Typhoon, les Espagnols, les Anglais, les Italiens et sans doute des Américains (à confirmer).

7. Pourquoi être parrain du meeting aérien Des Etoiles et Des Ailes ?

La raison principale, c’est la base aérienne de Francazal. Première base de l’armée de l’Air, créée en 1934 comme l’armée de l’Air, c’est sa base la plus ancienne qui a malheureusement fermé en 2010. J’y ai effectué une partie de ma formation puisqu’il y avait l’école des navigateurs officier système d’armes (NOSA), où j’y suis resté plusieurs mois et où j’ai été formé sur Paris et Nord 262. C’est aussi une base de coeur. Donc quand on m’a proposé ce parrainage, j’y ai tout de suite répondu favorablement.

Et surtout, la BA 118 de Mont-de-Marsan aujourd’hui a encore des unités implantées dans le bassin toulousain avec le CIIRAA, qui est le Centre d'Instruction et d'Information des Réserves de l'Armée de l’Air. Ce sont des unités rattachées à la base aérienne 118 que je viens voir souvent et quand on m’a proposé d’être parrain militaire, j’y ai répondu favorablement car cela permet de faire des actions de rayonnement importantes. Le bassin toulousain est très prometteur en matière de recrutement et il ne faut pas que l’armée de l’Air le déserte.