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Defens'Aero

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Les premiers PC-21 destinés à l'armée de l'Air arrivent en France

Les premiers PC-21 destinés à l'armée de l'Air arrivent en France

© Jean-Luc Brunet / armée de l'Air / Défense - L'un des deux premiers PC-21 arrivé en France, accompagné ici par un Rafale Air.

© Jean-Luc Brunet / armée de l'Air / Défense - L'un des deux premiers PC-21 arrivé en France, accompagné ici par un Rafale Air.

Comme annoncé le 27 août 2018 par Airpower / Defens'Aero sur les réseaux sociaux, les deux premiers Pilatus PC-21 destinés à l'armée de l'Air française se sont posés sur la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard le jeudi 30 août 2018. Pour l'arrivée, ces appareils étaient d'abord accompagnés en vol par deux Alphajet et un Rafale qui ont assuré des prises de vues, avant d'être ensuite escortés par des TB-30 Epsilon.

Les deux appareils se sont posés dans la matinée sur la base française, où ils ont été accueillis avec la traditionnelle gerbe d'eau des pompiers de l'air. Les deux PC-21 portent encore leur immatriculation suisse (HB-HVC - #03 ; HB-HVO - #15), qui sera prochainement effacée au profit d'une immatriculation française et définitive. A ce jour, les 17 PC-21 français sont tous sortis des chaînes d’assemblage de l’avionneur suisse. Le premier appareil est immatriculé 709-FC et son numéro de série est le 293, et ainsi de suite pour les suivants (709-FD s/n294 pour le second, 709-FE s/n295, etc… Le dernier, le dix-septième, est le 709-FS s/n 309). Ils voleront avec l'indicatif « MAESTRO ».

Si les avions d'entraînement sont arrivés en France, ils n'ont pas encore été admis au service actif de l'armée de l'Air. En effet, pendant quelques semaines, ils vont être testés par la Direction générale de l'armement afin de s'assurer que l'appareil est bon pour le service actif et que le cahier des charges imposé au constructeur a été respecté. Ce n'est que le 02 ou le 03 octobre, selon nos informations, qu'une cérémonie officielle aura lieu sur la BA 709 de Cognac pour introduire ces appareils dans l'armée de l'Air.

Le 30 décembre 2016, le Ministère français de la Défense (maintenant Min. des Armées) et Pilatus ont signé un contrat, dont le montant n'a pas été précisé, concernant la vente de 17 avions d'entraînement avancé PC-21 au profit de l'armée de l'Air française.  Selon le communiqué de presse officiel, ce contrat d'une durée de 11 ans a été signé avec l'entreprise britannique Babcock Mission Critical Services France (BMCSF) et Dassault Aviation, qui seront chargés de mettre en oeuvre ces avions et d'assurer le soutien technique auprès des aviateurs français.

Dans son communiqué de presse publié le 04 janvier 2017, Pilatus a indiqué que « l'Armée de l'air, l'une des forces aériennes les plus prestigieuses au monde, a opté pour le système de formation du 21è siècle : le PC-21 ». De son côté, l'avionneur français a déclaré que ce contrat « se concrétisera, dans une première étape, par la réalisation du contrat FOMEDEC avec la création d’une société commune sous le leadership de Babcock France ».

Dans son communiqué de presse du 05 janvier, Dassault affirme qu'il « participe activement à ce nouveau projet qui se fera avec Babcock, fournisseur de référence pour les environnements de soutien, au profit du ministère de la Défense ». « Par ce programme, nous sommes fiers de poursuivre notre engagement pour l’entrainement des pilotes de combat français », explique-t-on du côté de Saint-Cloud.

A terme, ils doivent remplacer la flotte des Alphajet de Tours dont l'avionique notamment devient obsolète face à celle qui a été développée pour les avions de combat de 4ème et 5ème génération, dont le Rafale. Toutefois, une partie de la flotte des « Gadget » devrait encore servir pendant plusieurs dizaines d'années. Notamment avec ceux modernisés et utilisés sur la base aérienne de Cazaux pour former les élèves-pilotes aux manoeuvres tactiques et par l'EE 3/8 « Côte d'Or », dans leur rôle de Red Air (ou « Aggressors »).

Ce contrat a été conclu à la suite de l'appel d'offres lancé en avril 2015 par la Direction générale de l'armement (DGA) qui expliquait alors qu'il s'agissait de la « fourniture de moyens de formation modernisée et d'entrainement différencié des équipages de chasse (FOMEDEC), avec prestations de mise à disposition, prestations de soutien et travaux d'infrastructures associés ».

Dans le détail, BMCSF aura pour objectif d'assurer le suivi complet des PC-21, de mettre en place « les différents outils de simulation au sol, de réaliser des infrastructures dédiées aux moyens de simulation », et de constituer un « service de soutien », toujours d'après les termes de l'appel d'offres.

Le travail sera conséquent puisque la DGA table sur la réalisation « d'environ 11 000 à 13 500 heures de vol, et, pour les principaux simulateurs : environ 3 900 à 5 600 heures pour un simulateur de type Full Mission simulator, et environ 2 300 à 3 100 heures pour un simulateur de type Part Task Trainers ».

Ces heures de vol devraient donc permettre de former, sur une année, environ 30 élèves pilotes de l'armée de l'Air, 10 navigateurs officiers système d'armes, 10 élèves pilotes de la Marine Nationale et 10 élèves moniteurs simulateur. Enfin, ces avions et leurs simulateurs devront aussi permettre l'entraînement d'une cinquantaine de pilotes de chasse expérimentés.

Ces derniers seront issus du « second cercle », qui prévoit la tenue d'une centaine d'heures de vol de pilotes expérimentés sur simulateurs afin d'entretenir leurs compétences, et de les déployer en opérations si besoin est. La DGA explique que ce « second cercle » « permet le maintien à moindre coût d'un socle de compétences opérationnelles. Il correspond à un volume d'équipages expérimentés qui pourra suppléer le 1er cercle [pilotes opérationnels, NDLR] pour certaines missions ».

Outre les avions, et comme évoqué précédemment, le contrat prévoit aussi la livraison de « simulateurs de vol (Full Mission Simulator), de simulateurs de vol simplifiés (Part Task Trainer, PTT), et de simulateurs d'éjection ». Enfin, la société doit également fournir des « moyens de formation informatique (Computer Based trainer, CBT), des systèmes de préparation de mission et de restitution de mission (SPRM), et des bâtiments abritant les outils de simulation ».

© Pilatus Aircraft Ltd - Un PC-21 français en vol dans les montagnes suisses.

© Pilatus Aircraft Ltd - Un PC-21 français en vol dans les montagnes suisses.

Le sous-traitant de Pilatus, Babcock Mission Critical Services France (BMCSF), dispose du siège social de sa division France au Cannet-des-Maures, dans le sud de la France. Ce sous-traitant, qui travaille pour de nombreuses entreprises dans le domaine de l'aéronautique, est bien connu par le Ministère des Armées puisqu'il a la responsabilité de la gestion du parc des 36 EC-120B Calliopée d'Helidax, qui forme les jeunes pilotes d'hélicoptères depuis Dax.

En outre, on retrouve également ses services sur de nombreux aéroports français et au SAMU, puisqu'il prodigue environ chaque année 28 000 heures de vol et 9 500 missions avec les hélicoptères dont elle a à charge, au travers de vingt-quatre bases, de Rouen, Nantes et Dijon, en passant par Tours, Valence, Carcassonne et Toulon.

Son expérience passée avec l'ALAT, la confiance portée par les autres structures de secours, et son implantation en France depuis 26 ans maintenant ont sans nul doute joué en faveur de Pilatus pour sa sélection dans l'appel d'offres. Par ailleurs, bien qu'elle soit une entreprise anglaise, BMCSF emploie en France pas moins de 235 personnes, et y fait voler 27 hélicoptères.

Archie Bethel, directeur général du Groupe Babcock International, a déclaré que « le projet s’appuiera sur notre expertise en matière d’industrie aéronautique européenne et sur notre capacité à accompagner sur le long terme des programmes d’entrainement militaires ». « C’est également une grande satisfaction pour nous d’établir un partenariat avec un leader aéronautique aussi reconnu que Dassault. Nous comptons travailler avec l’armée de l’Air sur la prochaine décennie », a-t-il ajouté.