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Defens'Aero

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Le Ministère des Armées lance le programme des missiles air-air MICA NG

Le Ministère des Armées lance le programme des missiles air-air MICA NG

© Dassault Aviation / K. Tokunaga - Un Rafale M équipé de quatre missiles MICA EM et de deux MICA IR.

© Dassault Aviation / K. Tokunaga - Un Rafale M équipé de quatre missiles MICA EM et de deux MICA IR.

Entrés en service au milieu des années 90, les actuels missiles air-air MICA IR (infrarouge) et EM (électromagnétique) s'apprêtent à laisser leur place à la nouvelle génération (NG). En effet, ce mardi 24 juillet 2018, à l'issue du Comité ministériel d'investissement, la Ministre des Armées Florence Parly a lancé « la réalisation du programme d’armement « MICA nouvelle génération » (MICA NG) », apprend-t-on dans un communiqué de presse publié ce 25 juillet par la Direction générale de l'armement (DGA).

« Ce programme de missiles permettra de renouveler la capacité d’interception à moyenne distance, de combat rapproché et d’autoprotection des Mirage 2000 et des Rafale de l’armée de l’Air et de la Marine nationale », explique le communiqué. Le développement des MICA NG permettra de retirer progressivement du service actif les actuels MICA IR/EM, entre 2018 et 2030, en fonction notamment de la date de péremption (année de fabrication, durée de vie de composants sensibles, contraintes aérodynamiques et environnementales, etc…).

En parallèle du retrait des actuelles et (futures anciennes) versions, les MICA NG, qu'il soit IR ou EM, feront leur entrée dans les forces entre 2026 et 2031. « Les performances de ce nouveau missile permettront de faire face à l’évolution des menaces et des protections adverses, pour assurer la protection du territoire national, l’acquisition et le maintien de la supériorité aérienne et la protection de raids », détaille la DGA.

Cette nouvelle génération de missiles air-air détiendra des innovations « dans les domaines des autodirecteurs et de la propulsion, des capacités sol-air au travers de la version VL MICA et une résilience aux normes ITAR » (Réglementation américaine sur le trafic d'armes au niveau international - International Traffic in Arms Regulations). Cette dernière spécificité en particulier permettra à la France de se passer de ces normes américaines pour les futurs contrats à l'export, et ainsi s'éviter les situations comme celle qu'elle a connu il y a quelques mois avec les SCALP-EG qui ne pouvaient être livrés à l'Egypte.

Toujours en matière d'export, le communiqué souligne que « ces perspectives d’exportations ont été prises en compte dans la négociation contractuelle pour mieux répartir les efforts de financement et les bénéfices attendus. Ainsi, une part très significative des coûts de développement du missile sont supportés par les industriels titulaires de ce contrat (MBDA, Safran et Thales) ».

En effet, « les exportations sont partie intégrante du modèle économique de [la] souveraineté [française] en permettant à sa BITD (Base industrielle de technologie et de défense) de conserver sa capacité à couvrir tout le spectre des technologies critiques ». De fait, le Ministère des Armées ne souhaite plus être le seul et unique organisme à financer des systèmes d'arme qui seront exportés, et dont les retombées économiques de cet export reviendront uniquement aux entreprises.

C'est pourquoi ce « marché d’acquisition prévoit des redevances au profit de l’Etat, ainsi qu’un mécanisme de réduction du prix des missiles achetés par la France en cas d’atteinte des objectifs d’exportation ». « Le ministère des Armées se tient aux côtés des industriels français via une politique vigoureuse de soutien, tout en attendant un juste retour pour les finances publiques de l’effort consenti par l’Etat », assure le communiqué.