Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Defens'Aero

Defens'Aero

Menu
Arrêt technique majeur : Le porte-avions Charles de Gaulle a été remis à flot

Arrêt technique majeur : Le porte-avions Charles de Gaulle a été remis à flot

© Marine nationale - 16 mai 2018 : Le porte-avions Charles de Gaulle sort du bassin Vauban après plus d'un an en cale sèche.

© Marine nationale - 16 mai 2018 : Le porte-avions Charles de Gaulle sort du bassin Vauban après plus d'un an en cale sèche.

Le 08 février 2017, le porte-avions Charles de Gaulle venait d'entamer la première phase de son arrêt technique majeur (ATM) à mi-vie, sous la maîtrise d'oeuvre du Service de Soutien de la Flotte (SSF), en coopération avec la Direction Générale de l’Armement (DGA) et le groupe naval français DCNS.

Entré en pratiquement une heure dans le bassin Vauban des installations portuaires de Toulon, la navire amiral de la Marine Nationale est depuis cette date quotidiennement travaillé par près de 2 000 personnes, issues de 160 entreprises différentes et qui ont été chargées de travailler sur les 200 000 tâches programmées pour cette refonte. 1 an et trois mois plus tard, le porte-avions vient de sortir de cale sèche et a été remis à flot ce 16 mai 2018. « Cette sortie du bassin est un jalon important qui va permettre de mener certains essais directement à flot », explique la Marine nationale à l'occasion de l'achève de cette étape.

Tout au long de ces mois de travaux, le Charles de Gaulle a d'abord été nettoyé en profondeur et repeint en totalité, tandis que de nombreux systèmes et équipements ont été remplacés, modernisés et adaptés aux besoins opérationnels, dont le passage du Groupe Aérien Embarqué au « Tout Rafale » avec le retrait définitif du Super-Etendard Modernisé et de toutes les installations associées.

En effet, la Marine Nationale écrit que « les bancs d’essais dédiés à ce dernier [le SEM, NDLR] ont donc été démontés, désormais remplacés par des bancs d’essais Rafale, en optimisant l’espace dédié à la maintenance ». Par ailleurs, toujours dans le cadre de la mise en oeuvre des aéronefs embarqués, le porte-avions dispose « d'une nouvelle optique d’appontage IFLOLS (Improved Fresnel Lens Optical Landing System) », dont trois autres systèmes de ce type ont été livrés à Landivisiau en début d'année 2018 (exclusif).

Cet optique d’appontage n'est pas le seul instrument qui apporte une aide précieuse aux pilotes embarqués lors de l'appontage. On y trouve également une caméra située dans l’axe de la piste, une caméra infrarouge bande, un système de guidage laser lors de mauvaise condition météorologique, une optique d’appontage de secours appelée MOVLAS, ainsi qu'un système de trajectographie appelé DALAS-NG.

Comme cela avait été annoncé sur Defens'Aero dès septembre 2016, le Dispositif d’Aide à l’appontage LASer Nouvelle Génération (DALAS-NG) a aussi été monté sur le CDG. Il permet de détecter et d'assurer un début de suivi des avions à partir d'une distance entre 8 et 10 nautiques, de jour et de nuit. Dès la détection de l'avion, le dispositif va débuter l'enregistrement de la trajectoire de l'aéronef, il va aussi restituer son positionnement par rapport à la trajectoire optimale et enfin, estimer le brin d’arrêt qui sera accroché par l'avion.

Cela permet de connaître précisément le point d'arrêt de l’aéronef sur le pont et par conséquent, d'assurer une meilleure sécurité et intervention en cas d'urgence, et de dégager plus rapidement l'appareil si d'autres aéronefs suivent derrière.

Pour permettre l'ensemble de ces fonctions, le DALAS-NG est composé d'une tourelle orientable et d'un détecteur optronique. Ce dernier est lui-même composé d'une imageurie couleur HD et d'une seconde infra-rouge pour les appontages de nuit ou sous mauvaise condition météorologique. Enfin, un laser mesure précisément la distance ainsi que la position de l'appareil par rapport au pont d'envol du porte-avions.

Enfin, dans ce volet arien, « la plate-forme 'Officier d’Appontage' (PFOA) a été profondément modernisée », ajoute la Marine.

© Marine nationale - Sous le regard de la ville de Toulon, son port d'attache, le Charles de Gaulle va poursuivre ses essais à quai, avant de prendre la mer dans quelques semaines.

© Marine nationale - Sous le regard de la ville de Toulon, son port d'attache, le Charles de Gaulle va poursuivre ses essais à quai, avant de prendre la mer dans quelques semaines.

En ce qui concerne le système de combat, il est affirmé que « le Système de Direction de Combat SENIT 8 » a été installé, tandis que le « Central Opérations » a été réaménagé. Par ailleurs, « les radars et dispositifs connexes font aussi un saut capacitaire : le SMART S (surveillance aérienne et surface - Thalès) améliore la portée du DRBJ-11B tandis que le 'SCANTER 6002' remplace le radar de navigation 'DRBN-34' », ajoute la Marine nationale.

En matière de protection, la passerelle du porte-avions est maintenant équipée de l'EOMS NG de Safran. Ce système « réunit dans un seul équipement une veille infrarouge de type IRST (InfraRed Search and Track) ainsi qu'une conduite de tir électro-optique. C'est une solution très efficace pour l'autoprotection contre les menaces aériennes et de surface, symétriques ou asymétriques », écrit sur son site officiel son fabricant.

Il s'adapte « à tout système d'artillerie numérique ou analogique de type canon ou missile courte portée ». Son utilisation se fait depuis le « système de direction du combat du navire (CMS) ou par une console opérateur optionnelle ». Ses capacités seront couplées à celles du dispositif ARTEMIS, de Thales. Ce dernier assure une vision panoramique à 360° tout autour du PA, sans angle noir, de jour comme de nuit. Il est capable de détecter et suivre simultanément jusqu'à 200 menaces, qu'elles soient conventionnelles ou asymétriques.

L'ajout de ces équipements et la modernisation des autres ont été faits « avec une maîtrise renforcée du risque 'cyber' ».

En terme de stabilité, des travaux ont été effectués sur « le Système Automatique de TRAnquillisation et de Pilotage (SATRAP) regroupant 4 ailerons de stabilisation, 2 gouvernails et 12 trains COGITE (Compensation de la GITE) ». Il a été « entièrement révisé pour continuer à garantir les activités aériennes par gros temps » et permettre la stabilisation du pont d'envol.

Pour la propulsion, le combustible des deux chaufferies nucléaires a été remplacé. Il est indispensable puisqu'il propulse avant tout le navire, mais assure aussi l'électricité à bord, la pression énorme nécessaire aux catapultes et la transformation de l'eau salée en eau douce. « Ce rechargement des cœurs a été aussi l’occasion de vérifier et valider les circuits alimentant les chaudières », est-il aussi précisé. 

Pendant toute la durée de ces travaux, les marins poursuivent leur formation et leur entraînement avec le maintien en condition opérationnelle. D'abord, 350 marins, 12 Rafale M et 1 E-2C Hawkeye sont actuellement à bord du porte-avions américain USS George H.W. Bush (CVN 77) dans le cadre de la mission Chesapeake. L'objectif est de maintenir pour certains et de qualifier pour d'autres marins les compétences propres au déroulement des opérations aériennes depuis un porte-avions.

Pour permettre une reprise optimale des commandes du Charles de Gaulle et de ses nouveaux équipements, « l’équipage du porte-avions a aussi suivi des formations pour valider les compétences nécessaires à la conduite de ces nouveaux systèmes de navigation et de combat ». Après de nombreuses séances sur simulateur, les équipages vont s'entraîner directement sur le PA français.

Des essais sont actuellement menés à quai, avant la poursuite de ces tests au large, en mer Méditerranée, dans quelques semaines. « En premier lieu, ce sont les capacités de navigation du porte-avions qui seront validées, puis les installations liées aux aéronefs et, enfin, le système de combat », détaille la Marine Nationale.