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Defens'Aero

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La maquette de l'EURODRONE MALE a été dévoilée

La maquette de l'EURODRONE MALE a été dévoilée

© Ministère des Armées - Image numérique du drone MALE EURODRONE en vol au-dessus d'une étendue désertique.

© Ministère des Armées - Image numérique du drone MALE EURODRONE en vol au-dessus d'une étendue désertique.

Le 26 avril 2018, à l'occasion du Salon aéronautique ILA 2018 de Berlin, le jour même de l'annonce du lancement du futur avion de combat franco-allemand, le SCAF (Système de combat aérien du futur), la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne ont officiellement dévoilé la maquette de l'EURODRONE MALE, qui doit équiper les forces armées des pays qui participent à ce programme.

Cette présentation, en présence de Dirk Hoke, d'Eric Trappier et de Lucio Valerio Cioffi, respectivement PDG d'Airbus Defence and Space, de Dassault Aviation et de Leonardo, intervient « à l'issue d'une étude de définition d'environ deux ans, lancée en septembre 2016, […] consécutivement à la Déclaration d'intention signée en mai 2015 portant sur le développement d'un système de drone européen de moyenne altitude et longue endurance (MALE) », explique un communiqué de presse officiel.

Les déclarations des trois avionneurs principaux se félicitent de ce projet en mettant en avant la question de la souveraineté européenne, de la conservation et l'apprentissage de compétences dans les domaines associés, etc… A cette occasion, Eric Trappier a notamment affirmé que « cette cérémonie aujourd'hui témoigne de l'engagement total de nos entreprises en faveur d'une souveraineté de l'Europe en matière de défense et de sécurité. La coopération et les hautes technologies légitiment le leadership de l'industrie européenne et garantissent l'autonomie stratégique de l'Europe ».

« Des programmes innovants comme celui-ci, menés dans le cadre de partenariats bien conçus, renforceront la compétitivité de l'Europe et offriront de nouvelles alternatives à l'acquisition sur étagère de produits non-européens. Dassault Aviation réaffirme son plein soutien à Airbus Defence and Space en tant que chef de file du programme MALE RPAS », a-t-il également ajouté. Si Airbus est maître d'oeuvre sur ce programme, en revanche, c'est Dassaut qui dirige le programme du SCAF.

Que sait-on sur le l'EURODRONE MALE à ce jour ?

D'après le Ministère français des Armées, l'EURODRONE MALE équipera la France qui doit passer une commande de six systèmes de drone afin de remplacer, à compter de 2025, les MQ-9 Reaper de l'Escadron de Drones 1/33 « Berlfort ». Un système de drones étant composé de trois vecteurs et de deux stations de contrôle au sol, l'armée de l'Air doit posséder, à terme, dix-huit EURODRONE et douze cabines de pilotage.

L'objectif de ce projet européen est de « disposer d’une capacité de drone de renseignement souveraine à l’échelle européenne, essentielle pour notre capacité de décision et notre supériorité en opération, en équipant les systèmes de chaînes de mission conçues et produites en Europe sans aucune contrainte de pays tiers ».

Il est ici directement question de la main mise américaine sur les informations que collectent les Reaper français. S'ils sont aujourd'hui mis en oeuvre dans les airs par des pilotes français, il n'en reste pas moins que les données qu'ils collectent sont recueillies par la France, mais aussi par les Etats-Unis. Cela pose une évidente question de classification des informations, d'autonomie de collecte du renseignements, etc… 

Dans ce contexte, le Ministère explique « qu'il est fondamental que le développement des chaines critiques de ce système (communication, capteurs, effecteurs, cyber sécurité) soit confié à l’industrie européenne, pour être libre de toute contrainte ou restriction d’utilisation ».

Outre la restriction d'utilisation dans des opérations sur le territoire national ou sur des théâtres d'opérations en dehors des frontières nationales, il reste aussi la question de la vente à l'export. Détachés des législations américaines, dont l'ITAR (International Traffic in Arms Regulation), les pays de ce programme européen pourront exporter le drone sans demander une quelconque autorisation à Washington.

D'après le site Aeronews, l'EURODRONE mesure « 16m de long pour 26m d’envergure ». « D’une masse maximale au décollage de 11 tonnes, il pourra voler à 500km/h et à 13 700m d’altitude », est-il aussi précisé. Toutefois, il est clair que l'appareil sera propulsé par deux turbopropulseurs répartis à l'arrière de la voilure et de part et d'autre de la dérive. Par ailleurs, il sera aussi équipé d'au moins une nacelle d'observation et de désignation laser, et il pourra être armé. Si on ne connait pas encore quel type d'armement il pourra emporter, leur intégration se fera au cas par cas pour chaque pays. La France a déjà annoncé que les siens le seront.

Si ce n'est qu'une maquette à l'échelle 1 qui a été présentée à Berlin, les ingénieurs qui se penchent sur ce programme sont déjà engagés sur la suite. « La prochaine étape est la préparation d’une demande d’offre pour la phase de réalisation intégrant les activités de développement, de production et de soutien initial avec un objectif de notification en 2019 », détaille le Ministère des Armées.

Comme pour tous programmes qui se font en coopération, il y a un partage des tâches entre les différentes nations. De fait, « les 4 industriels (Airbus Allemagne, Dassault, Leonardo, Airbus Espagne) sont en train d'établir une structure industrielle avec une répartition des rôles en cours de discussion », est-il annoncé. D'autres nations pourront aussi participer à ce projet et leurs industries pourront y intervenir lors de la  « phase de réalisation ». Outre les 4 acteurs principaux, la Belgique est aujourd'hui un membre observateur.

Par ailleurs, en dehors de la question de la répartition des tâches, il faut aussi gérer celle du coût et du financement. Pour cela, « pour l’étude de définition en cours, les contributions financières sont de 31% pour l’Allemagne, et 23% pour l’Espagne, l’Italie et la France ». « Pour l'instant, la répartition du financement n'a pas été définie pour le développement, la production et le soutien », ajoute enfin le document.