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Defens'Aero

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L'armée de l'Air se sépare de ses drones Harfang

L'armée de l'Air se sépare de ses drones Harfang

© Armée de l'Air / Défense - Un drone Harfang en vol au-dessus du territoire français.

© Armée de l'Air / Défense - Un drone Harfang en vol au-dessus du territoire français.

Avec aujourd'hui l'arrivée et l'utilisation quotidienne des drones MQ-9 Reaper au-dessus de la bande sahélo-saharienne (BSS) et de la métropole, les drones MALE Harfang ont pu quitter le service actif lors d'une cérémonie organisée sur la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard ce lundi 08 janvier 2017.

En effet, l'Escadron de Drone (ED) 1/33 «Belfort» a officiellement retiré de son parc aérien les quatre drones Harfang qu'il mettait en oeuvre depuis leur entrée dans les forces en juin 2008. Au cours de ces dix années de service, les Harfang ont participé à une multitude d'opérations extérieures ainsi que des opérations intérieures, directement au-dessus du territoire français.

Le premier déploiement sur un théâtre d'opérations intervient en février 2009 avec l'engagement de trois de ces appareils pilotés (puisque le drone n'est pas un avion sans pilote !) depuis l'immense base aérienne de Bagram, dans la province de Parvan, dans le nord-est de l'Afghanistan. Ce n'est que trois ans plus tard, en 2012, que les Harfang quitteront le territoire afghan avec au compteur plus de 4 250 heures de vol effectuées au cours de 511 missions.

Au cours de ces détachements, les drones Harfang développeront leurs capacités. En effet, «le 4 mars 2010, [un Harfang] a procédé à son premier vol équipé du système de liaison Rover, au-dessus du théâtre afghan. Ce système RVT (Remove Video Terminal) diffuse, en temps réel, les images vidéo de drones vers les troupes au contact l’ennemi», expliquait en 2010 l'armée de l'Air.

A partir d'août 2011, un Harfang est aussi engagé depuis la base aérienne italienne de Sigonella, en Sicile. Il participe à l'opération française Harmattan afin de réaliser des missions de reconnaissance et d'observation pour compléter des dossiers d'objectifs de la coalition de l'OTAN Unified Protector.

Deux ans plus tard, en janvier 2013, les Harfang retourneront en Afrique, cette fois plus au sud, au Mali. En effet, avec le déclenchement de l'opération Serval, les drones vont être déployés dès le 18 janvier. Plus tard, avec la transformation de Serval en Barkhane, dans l'ensemble du Sahel, les drones seront déployés sur la base aérienne de Niamey, au Niger, où ils seront rejoints par les premiers Reaper en janvier 2014.

Au cours des opérations dans cette partie de l'Afrique, un Harfang établira un vol record dans la nuit du 25 au 26 janvier 2013 avec une permanence dans les airs de 26 heures. En outre, dans la nuit du 05 au 06 juin 2013, le Harfang effectue son centième vol opérationnel.

Mais ces drones se sont aussi illustrés sur le territoire national avec des missions de surveillance lors de grands événements comme pour la venue du pape Benoît XVI à Lourdes en septembre 2008, à l'occasion de la tenue de sommets (G8, G20) et d'événements publics, comme des matchs sportifs ou la fête des lumières à Lyon.

Lors du retrait de ces appareils, l'armée de l'Air soulignait que les Harfang ont accumulé «plus de 5000 heures de vol en Afghanistan» et «plus de 7000 heures de vol ont été réalisées au-dessus du théâtre africain avant un retour définitif en juillet 2016. Ce système aura totalisé 15 440 heures de vol sans aucun accident».

Pour rappel, le drone Harfang, qui ne devait être à la base qu'un système intermédiaire, a été réceptionné par l'armée de l'Air qu'en 2008, alors qu'il devait l'être en 2003, soit cinq ans avant. Développé sur la base du drone israélien Heron, de Israel Aerospace Industries, le Harfang sera long à développer en raison, entre autres, de retards occasionnés par un cahier des charges qui n'était pas conforme aux attentes des forces françaises. C'est alors EADS, aujourd'hui Airbus Group, qui se chargeait des travaux.

Après un premier vol en septembre 2006 et une campagne d'essais en vol par le Direction générale de l'armement sur la base aérienne d'Istres, le Harfang rejoint le Centre d'Expertises aériennes militaires (CEAM) et l'Escadron d'Expérimentation de Drones 1/330 «Adour» sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan afin d'en définir le concept emploi.