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Le Canada abandonne les Super Hornet de Boeing et se rapproche des Hornet australiens d'occasions

Le Canada abandonne les Super Hornet de Boeing et se rapproche des Hornet australiens d'occasions

© ARC - Un CC150 Polaris du 437e Escadron de transport s’apprête à ravitailler en vol un CF-188 Hornet du 409e Escadron d’appui tactique lors de l’exercice Vigilant Eagle 13.

© ARC - Un CC150 Polaris du 437e Escadron de transport s’apprête à ravitailler en vol un CF-188 Hornet du 409e Escadron d’appui tactique lors de l’exercice Vigilant Eagle 13.

En novembre 2016, l'Aviation Royale Canadienne (ARC) a officialisé son intention de se procurer dix-huit F/A-18E/F Super Hornet neufs auprès de l'avionneur américain Boeing. Cette décision a été prise dans l'attente de l'entrée en vigueur de l'appel d'offres officiel et afin d'éviter une rupture capacitaire avec une flotte de CF-188 Hornet vieillissante car acquise entre 1982 et 1988.

A l'époque, les déclarations officielles d'Ottawa expliquaient que le pays allait «entamer des discussions avec le gouvernement des États-Unis et Boeing pour l’utilisation provisoire de ces chasseurs», qui devraient être en service «jusqu’à ce que la flotte de remplacement permanente soit livrée». L'avionneur américain Boeing devra prendre en compte, dans la définition de sa proposition de vente, «le coût, le délai, un niveau de capacité et une valeur économique acceptables pour le Canada», était-il indiqué.

«Nous devons à la fois gérer nos engagements à l’égard du NORAD et de l’OTAN, et notre capacité d’intervenir lors d’événements imprévus, et ce n’est pas un risque que l’actuel gouvernement est prêt à accepter», déclarait alors Harjit S. Sajjan, Ministre canadien de la Défense. «La flotte provisoire est la solution la plus efficace pour garantir que le Canada reste un allié crédible et fiable», ajoutait-il.

Mais entre temps, les relations commerciales entre les Etats-Unis et le Canada se sont tendues. En effet, en septembre 2017, le Département américain du Commerce (DOC) a imposé à l'avion civil CSeries de l'avionneur canadien Bombardier des droits compensatoires de 220 % et des droits antidumping de 79,82 % à la suite d'une infraction contre sa politique de vente de produits à des prix inférieurs à leur prix de revient.

A la suite de cette décision, le gouvernement canadien mécontent a déclaré qu'il répondrait à cette sanction en mettant en réserve des accords commerciaux avec des entreprises américaines. C'est donc dans ce contexte là que l'ARC s'est rapprochée de l'Australie et de ses F/A-18A/C Hornet d'occasions. En effet, selon l'agence de presse Reuters, le Canada envisage d'annoncer officiellement l'annulation des négocations concernant l'achat des 18 Super Hornet. 

Dans un communiqué de presse publié le 29 septembre 2017, le gouvernement australien avait officialisé l'intérêt du Canada pour les Hornet d'occasions, mais il n'avait pas donné de précisions complémentaires, que ce soit le nombre d'appareils concernés ainsi que le prix.

Bien qu'il ne s'agisse pas d'avions de combat neufs, l'achat de ces Hornet d'occasions permettrait à l'Aviation Royale Canadienne de faire des économies et lui éviterait de devoir former des aviateurs (pilotes, navigateurs, mécaniciens, armuriers, spécialistes vecteur, avionique, etc…) sur l'utilisation du Super Hornet. Bien qu'il soit une évolution du Hornet, il reste toutefois largement amélioré avec un système de mission différent, des performances autres, des pièces de rechange qui ne sont pas toutes compatibles avec les Hornet Legacy, des conditions d'emploi et des équipements offensifs et défensifs nouveaux, etc…

Boeing a refusé d'apporter des commentaires sur cette situation d'après Reuters, qui rappelle que l'avionneur américain nourrit pas moins de 17 000 emplois directs et indirects dans l'industrie aéronautique civile et de défense au Canada.