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Defens'Aero

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Face à la suractivité et à l'insécurité, les Etats-Unis vont aménager la base aérienne d'Al Azraq

Face à la suractivité et à l'insécurité, les Etats-Unis vont aménager la base aérienne d'Al Azraq

© Google Earth - Capture d'écran de la vue satellite de la base aérienne d'Al Azraq, aux coordonnées :  31°50'4.06"N   36°47'19.20"E

© Google Earth - Capture d'écran de la vue satellite de la base aérienne d'Al Azraq, aux coordonnées : 31°50'4.06"N 36°47'19.20"E

Actuellement, et depuis la constitution de la coalition internationale Inherent Resolve, dirigée par les Etats-Unis et qui oeuvrent en Irak et en Syrie contre l'organisation Etat Islamique (OEI), les bases aériennes régionales sont quotidiennement utilisées pour mener des opérations aériennes.

On y trouve notamment des bases majeures et primaires comme celle d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, Al Dhafra, aux Emirats arabes unis, ou encore Al Udeid, au Qatar (QG de l'opération internationale). Ces trois bases aériennes rassemblent une majeure partie des ressources humaines et matérielles de la coalition internationale puisqu'elles sont vastes et qu'elles disposent des infrastructures idéales en raison d'une implantation des forces étrangères (Etats-Unis, France, …) depuis des années.

A côté de ces bases aériennes accomplies, les nations participantes ont également développé et engagé des moyens militaires sur des bases moins importantes de par leurs tailles et leurs infrastructures. On y trouve notamment Akrotiri à Chypre, avec les anglais, Prince Hassan en Jordanie, avec les français, ainsi que Al Azraq, toujours en Jordanie.

C'est d'ailleurs cette dernière qui préoccupe le Pentagone puisque depuis septembre 2014, Al Azraq, aussi connue comme base aérienne Muwaffaq Salti et implantée à seulement 55km de la frontière avec la Syrie, ne cesse de croître en terme d'effectifs.

Cette dernière abrite aujourd'hui le détachement aérien de F-16AM/BM de la Composante Air belge ou de la Force Aérienne Royale Néerlandaise (qui y opèrent à tour de rôle), les quatre Tornado ECR et le ravitailleur A310 MRTT de la Luftwaffe, des F-15E Strike Eagle de l'US Air Force, des drones MQ-1 Predator et MQ-9 Reaper, et aussi sans doute des forces spéciales.

Ces détachements assurent quotidiennement des sorties aériennes au-dessus de l'Irak et de la Syrie, en plus des sorties aériennes jordaniennes. En effet, en parallèle, le 1st, le 2nd et le 3th Squadron de la Force Aérienne Royale Jordanienne assurent leurs propres activités opérationnelles, missions d'entraînement et de formation au profit de leurs équipages. La base abrite pas moins d'une soixantaine de F-16A/B jordaniens.

Et forcément, l'augmentation aussi rapide de tout ce monde sur une seule et même base aérienne engendre des problèmes humains avec l'accueil du personnel et ses conditions de vie, mais aussi organisationnel puisqu'il faut stocker le matériel, les appareils, l'outillage et surtout, les munitions.

© USAF - Des F-16 américains, jordaniens et turcs sur la base aérienne d'Al Azraq lors de l'exercice Falcon Air Meet, en 2011.

© USAF - Des F-16 américains, jordaniens et turcs sur la base aérienne d'Al Azraq lors de l'exercice Falcon Air Meet, en 2011.

Dans ce contexte-là, le Department of Defense des Etats-Unis a décidé d'injecter 143 millions de dollars, soit environ 120 millions d'euros, dans la modernisation et l'aménagement de la base d'Azraq. Cette somme a été intégrée dans le budget 2018 du Pentagone et validée par le Congres des Etats-Unis, selon le site Stars and Stripes.

L'US Air Force justifie cette demande pour plusieurs raisons. La première vient du fait que la base aérienne ne dispose que de deux pistes pour assurer l'ensemble des mouvements aériens, ce qui est peu face au nombre d'appareils qui y opèrent.

Ensuite, la base ne dispose «d'aucuns endroits» adéquates pour accueillir les avions de transport qui chargent et déchargent les outils, les pièces de rechange, les munitions, et qui assurent les relèves des différents détachements. Les opérations et l'espace occupé sur la base est «quatre à cinq fois plus important» que ce pour quoi elle a été prévue lors de sa construction.

En outre, le personnel doit aussi faire face à des «risques extrêmes en ce qui concerne leur vie, leur santé et leur sécurité». Cette situation est due notamment à la proximité des bâtiments de vie avec les dépôts de munitions. «Pour atténuer ces risques, soutenir l'afflux de personnels et fournir des installations adéquates aux populations des détachements, une nouvelle zone de vie doit inclure des installations et des infrastructures de soutien», explique l'US Air Force.

Cette somme de 143 millions de dollars fait partie d'un budget de 700 milliards de dollars, qui doit être utilisé pour améliorer les installations militaires américaines dans le Proche et Moyen-Orient au cours des prochaines années, signe du besoin grandissant des bases locales des partenaires régionaux alors que l'OEI recule sur tous les fronts en Syrie et en Irak.