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Defens'Aero

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Le standard 6 de l'Atlantique II a été testé dans un contexte opérationnel

Le standard 6 de l'Atlantique II a été testé dans un contexte opérationnel

© Marine Nationale - Survol des côtes bretonnes par un Atlantique II.

© Marine Nationale - Survol des côtes bretonnes par un Atlantique II.

EXCLUSIF !

Depuis décembre 2016, le Centre d'Expérimentations Pratiques de l'Aéronautique navale (CEPA/10S), Dassault Aviation, Thalès ainsi que la Direction Générale de l'Armement (DGA) sont associés afin de développer le standard 6, qui est destiné à équiper les avions de patrouille maritime Atlantique II de la Flottille 21F et 23F de la Marine Nationale.

Après une première série d'essais en vol, en janvier 2016, depuis la base aérienne 125 d'Istres afin de tester en vol le nouveau radar Search Master et le nouvel interrogateur IFF TSA2542, et neuf mois après toute une batterie de tests multiples, un nouvel échelon a été franchi dans cette modernisation.

En effet, d'après nos informations, le 04 octobre 2017, l'Atlantique II M25 chargé de l'ensemble de ces essais a réalisé «son premier vol dans des conditions représentatives d'une mission opérationnelle». Cette mission a été conduite par un équipage navigant mixte, composé de personnels issus du CEPA/10S, et de techniciens de Dassault Aviation et de Thales, chargés du développement de ce nouveau standard.

Au cours de ce vol, et toujours selon nos informations, l'ATL 2 a conduit une mission en coopération avec un sous-marin d'attaque (SNA) de la Marine Nationale. Avant de débuter sa mission de recherche contre le SNA, une calibration de l'ensemble des nouveaux équipements a été nécessaire.

Après sa traque contre le sous-marin pendant environ quatre heures, les opérateurs de bord ont poursuivi les expérimentations avec «une passation de contact» entre un hélicoptère NH-90NFH Caïman et l'Atlantique II en question ici. Des sources concordantes nous confirment que «les résultats obtenus à l'issue de cette mission laissent présager des performances opérationnelles très intéressantes».

Lors d'un précédant article sur son magazine Cols Bleus, la Marine Nationale expliquait que ces nouveaux équipements permettront «d’augmenter significativement les capacités de détection» de la flotte des Atlantique II, stationnée sur la base aéronavale de Lann-Bihoué, dans le Morbihan (Bretagne).

Selon nos informations, à ce stade du programme, «une première capacité opérationnelle est prévue en 2020, tandis que la mise en service est attendue pour 2021».

© Marine Nationale - L'ATL 2 continue sa transformation pour conserver ses capacités en matière de lutte ASM.

© Marine Nationale - L'ATL 2 continue sa transformation pour conserver ses capacités en matière de lutte ASM.

Actuellement, les Atlantique II disposent d'un ensemble d'équipements et d'armements bien fourni et efficace. On y retrouve notamment l'Electronic Sensor Mesure (ESM) en bout d'aile, qui détecte les émissions radar à très large bande de veille, le Magnetic Anomaly Detection (MAD), situé tout à l'arrière de l'appareil et qui permet de détecter des masses métalliques immergées sous l'eau grâce au principe du magnétomètre.

En outre, les ATL 2 peuvent tirer les torpilles MU-90 de 324mm utilisées pour la lutte anti-sous-marine (ASM), les missiles air-mer AM-39 Exocet contre les bâtiments de surface, ainsi que les bombes guidées laser GBU-12, contre des cibles terrestres fixes ou mobiles.

A la suite de cette rénovation, les Atlantique II mettront en oeuvre le nouveau système radar Search Master, situé à l'avant sous l'appareil et dont certaines technologies sous issues du Rafale. On y retrouve, selon la Marine Nationale, «un mode d'imagerie, un mode anti-sous-marin innovant, une détection et un pistage automatique, et un IFF (Identification Friend or Foe - Identification Ami ou ennemi) qui permet à l'avion à l'avion de décoder les IFF des porteurs aériens et de surface».

Un Sous-système de Traitement Acoustique Numérique (STAN) sera aussi implanté à l'arrière de l'avion, et il permettra de «détecter les cibles sous-marines sur un spectre élargi de fréquences et de contrôler les nouvelles menaces». Le logiciel LOTI-NG (Logiciel Opérationnel de Traitement de l'Information - Nouvelle Génération) sera utilisé afin «d'élaborer une situation d'ensemble des nouveaux senseurs», tout en mettant en oeuvre les MU-90 et AM-39.

Enfin, la boule électro-optique MX-20 de l'entreprise Wescam sera intégrée sous le ventre de l'appareil et les marins l'utiliseront en opération pour de la détection, de l'identification et de la classification. Ces trois missions seront assurées grâce aux caméras thermiques, celles de jour en haute définition, et aux senseurs lasers intégrés dans la boule.